mercredi 27 février 2019

Dizaine des Blogueurs #1


Cet article est publié dans le cadre de la dizaine des blogueurs, initiée par El Norton de Last Stop ? This Blog ! et Alexandre et Etienne de La Pop D’Alexandre et Etienne.
Dix Jours, Six Articles, Six Chansons. La liste des participants ICI.
(Après je dois aussi avouer que j'en aurais pas entendu parler sans Xavier...)


1.       Chanson qui évoque l’enfance.


Pour cette catégorie, le choix a été vite fait, à ma propre surprise. Il faut voir que la musique n’était pas vraiment au cœur de mes préoccupations dans mon enfance. J’étais un auditeur régulier de Rire & Chansons – tout joueur de Megadrive sait qu’on joue avec la radio en fond - mais j’étais plutôt là pour le rire et les chansons je les subissais plus qu’autre chose. (Bette Davies Eyes de Kim Carnes et la moitié du répertoire du Supertramp réveillent encore instantanément ce sentiment de « je veux pas aller à l’école demain » en moi).
Et de fait, à part quelques disques (le second best of de Queen, le best of des Beach Boys, qui tournaient chez mes cousins quand on leur rendait visite pendant les vacances), il n’y a pas beaucoup de disques qui résonnent « enfance » en moi. Aussi, c’était le moment ou l’eurodance battait son plein, je vais pas trop en parler, en partie par honte, en partie parce que j’ai quelques noms en tête mais serait bien en peine, aujourd’hui, de vous dire quelle édition de Dance Machine était la meilleure.
Pourtant… pourtant, vers mes 7/8 ans je dirais, je passais pas mal de temps à squatter la platine vinyle de ma mère (qui se mettait en route toute seule simplement en pressant un bouton, beauté de la technologie des années 1970). Que j’utilisais surtout pour écouter la collection d’album de Coluche sur scène que possédaient mes parents (voyez, on en revient à Rire & Chansons).
Mais il y avait aussi ce disque auquel je pense encore souvent… Tout en m’en rapellant assez mal (faisons simple : je suis ultra frustré de ne pas l’avoir retrouvé quand j’ai refouillé dans les disques de ma mère, alors que j’y ai pourtant trouvé des pépites genre le single de Ruby Tuesday avec « I love you Brian and Mick » écrit dessus).

Bref : Alain Souchon. C’était un 4 titres (ou 6 ? Je ne me rappelle que de 4 des titres et ne trouve pas le bouzin sur Discogs), avec un livret reprenant les paroles, et des illustrations. Une sorte de parfaite introduction pour un gamin, hein. Je me rappelle de 4 titres présents dessus : Allo Maman Bobo, Papa Mambo, J’ai 10 ans et… Jamais Content.
Jamais content, en plus avec ces illustrations, est une chanson parfaite pour un gamin. Cette mélodie de comptine, cette rythmique simple et entêtante… C’est narquois, c’est drôle, c’est fun, c’est idéal. Et ce phrasé, cette sorte de « Petit Nicolas» 70’s… évidement que ça causait à un gamin comme moi.
25 ans plus tard, j’aime toujours autant Souchon, parfois plus pour sa tendresse que ses élans de morgue (Au ras des Pâquerettes reste un chef d’œuvre de pop française – bien plus que C’est déjà ça donc les arrangements - et les références à Paul-Loup Sulitzer dans une des plus grandes chansons de tous les temps - ont si mal vieilli). Mais un J’ai 10 ans, un Bidon, un Jamais Content, ça fait toujours plaisir.
Allez, tous ensemble… Carrément méchant, jamais content !



samedi 2 juin 2018

And I knew the meaning of it all

"Most great records really start with the drums"

William Patrick Corgan, Visionnaire



Once upon a time in my life
Adore a 20 ans. Même si je ne l’ai, personnellement, découvert que près de deux ans après sa sortie, Dieu que le temps passe vite, et que les souvenirs sont vivants. Chaque fois que je l’écoute, j’ai l’impression de prendre le bus 181 en Juin 2000. Un autre monde et un autre moi reviennent l’espace d’un instant. Ce n’est même pas une question de nostalgie de l’époque (qui pourrait être nostalgique de la fin de la seconde, de ses premiers échecs sentimentaux, du bus 181 ?), juste un impact inexplicable. Unique. Tout à la fois la raison pour laquelle la musique a une si grande place dans ma vie et la raison pour laquelle je ne parviendrais jamais à l’expliquer à quelqu’un qui n’a pas le même lien à celle-ci. La liste des disques qui me renvoient sans trop d’effort à un moment précis du temps est conséquente (tristement elle ne s’agrandit plus beaucoup) mais la force des souvenirs associés à celui-ci est impressionnante.
Ecouter Tear me dépose dans le bus 181, qui arrive à l’arrêt Pierre et Marie Curie. Je devrais m’en foutre, c’est même pas mon arrêt. Il pleut des trombes. Je vais galérer depuis la mairie jusqu’à chez ma Grand-mère.
Ecouter « Behold ! The Night mare » me dépose dans la salle à manger bordélique de la maison de campagne. La cassette TDK sur laquelle j’ai copié l’album emprunté à la médiathèque est calée dans mon walkman, et j’écoute l’album alors que je cherche la fraîcheur, loin de ce mois d’Aout caniculaire.
Ecouter Crestfallen me renvoie en cours de maths. Dieu que je n’aime pas les dérivées (je ne sais pas encore à l’époque que c’est toute une branche des maths nommées « analyse » que j’exècre). Mon voisin, une des trois fans des Pumpkins de mon lycée, a les premières paroles de la chanson (Who am I ? To need you when I’m down) écrites sur la pochette dans laquelle il range ses cours. C’est écrit là depuis Septembre, mais je comprends enfin d’où ça vient
Ecouter Annie-Dog me renvoie dans mon appartement nancéen, assis devant mon PC, guitare sur les genoux et Guitar Pro lancé sur le PC, tentant de rejouer à la guitare la partition de piano de cette chanson.
Et je ne peux plus écouter Shame sans penser à la fois où, découvrant la source de bootlegs du groupe qu’est archive.org, et en écoutant un en revenant du boulot (je bossais encore à Saint Denis à l’époque), j’ai été soudainement… transfixé, descendant du RER et me voyant pris par surprise par l’irruption d’un solo de guitare du feu de Dieu au milieu de cette version.
(Aussi, une fois, j’ai bondi de ma chaise parce que Daphne Descends passait en fond d’un reportage sur l’étape du jour du Tour de France au JT du soir de France 2 – évidement il était tombé des trombes pendant toute l’étape).

Cette liste, aussi amusante à compiler pour moi qu’il a dû être chiant pour vous de la lire, reste incomplète, bien sûr (elle ne couvre « que »  10 ans). Et encore, elle ne fait probablement que gratter la surface. J’aimais déjà les Smashing Pumpkins en découvrant cet album. Pardon : j’aimais Mellon Collie. A l’évidence, j’avais conscience de la différence de contenu, de style, d’ambiance, entre cet album et le précédent. Mais je n’avais pas forcément conscience du virage que cela représentait dans la carrière toute entière du groupe. Plus que toute autre chose, cet album a fini de faire ce que Mellon Collie avait commencé : m’ouvrir l‘esprit. Et les oreilles. J’avais aimé Mellon Collie pour ses moments de colère (on va pas dire que je « venais du métal », mais clairement, à l’époque, pour qu’un truc m’intéresse, me plaise, il fallait qu’il « tabasse »), et ses moments plus calmes, au début écoutés par défaut (béni soit le walkman qui rendait plus court d’écouter une chanson que d’avancer pour trouver en visant bien le début de la suivante), avait fini par se faire une place au sein de ma personne. Le fait est que Mellon Collie and the Infinite Sadness, est, littéralement et aussi bizarre que ça paraisse, le lien entre le premier album de Slipknot et le best of bleu des Beatles dans mon exploration musicale – et Tonight, tonight la chanson la plus importante de ma vie. Adore a fini le travail.



On attend le bus 181

In you I taste God

C’est probablement le tout premier album auquel j’ai « laissé sa chance ». Comprendre le premier où j’ai fait confiance à un artiste que j’aimais déjà, et l’ai laissé m’emporter dans une direction inconnue, vers un truc qui n’était pas vraiment ma came voire vraiment pas ma came à l’époque –la plupart des inspirations de cet album je ne les découvrirai que des années plus tard.1 Quelque chose d’assez paradoxal si on considère que cet album a fait se détourner une bonne partie des fans du groupe quand, pour moi, il est une raison supplémentaire (voire la raison ultime) d’aimer ce groupe qui, justement, a des choses différentes à dire- mais par pure honnêteté, je me dois de dire qu’à ma toute première écoute j’étais pas 100 % convaincu.
C’est le premier album qui m’a fait ressentir des choses. Par delà les paroles (que je connaissais par cœur mais sans forcément les comprendre vraiment2), le chant et ses intonations, la musique elle –même m’a dit tant au court des années.  Une musique qui aujourd’hui m’inspirerait un paquet d’adjectifs à la con que je n’hésiterais pas à balancer (du décharné, du froid – ce qui n’est même pas vrai, cet album n’est pas froid, il est… humide donc on a l’impression qu’il est froid, du désincarné…) mais qui à l’époque (et aujourd’hui encore, vu qu’il est impossible de redécouvrir un album qu’on connait déjà) était un flot de sentiments sur lesquels il m’était difficile de mettre le doigt. Des images, aussi. Ce son en fond (un criquet ?), cette guitare acoustique… cet album s’ouvre, pour moi, sur un lever de soleil. Cela a toujours été le cas, cela sera toujours le cas. Bref… m’a fait comprendre que, même pop, la musique est un art. Qu’elle est là pour bien plus que mon divertissement. Qu’il y a plus, bien plus, beaucoup plus, qu'agréablement passer le temps, à gagner ici.3
Enfin, c’est (bien évidement) l’album qui m’a fait découvrir la valeur cathartique d’écouter des trucs déprimants quand ça va mal. Valeur qui a depuis évoluée, cet album devenant ce lieu hors du temps où je peux me réfugier, cette heure où je connais tout, où rien ne bouge, où je suis bien. Enfin, où rien ne bouge… Avec le temps, la froideur initiale laisse place à d’autres choses, et clairement, « Pug » est plus sexy que déprimante à mes yeux aujourd’hui.
Marrant, j’ai encore utilisé froid alors que justement, je pense que cet album est tout sauf froid. Il est à fleur de peau, d’une sincérité et d’une honnêteté surpassant les autres albums de déprime que je révérais à l’époque. Et c’est clairement la raison pour laquelle il est encore là contrairement à, entres autres, OK Computer ou Funeral (dont je n’écoute plus que des titres épars).
Depuis j’ai vieilli, grandi, appris. Comme presque tout album auquel je tiens, il a subi un retournement et j’en préfère aujourd’hui la face B à la face A (façon de parler – en vinyle, c’est un album à trois faces). Les écoutes que j’en fais sont plus éparses (et Dieu merci : ça veut dire que les choses pas trop mal 4)
Et quand je dis que j’ai appris, comprenez : j’ai appris le contexte d’enregistrement de cet album. J’ai appris les liens qu’il a avec d’autres albums et en quoi, bordel, l’année 1997/98 de Corgan j’ai pas forcément envie de la vivre.
Je suspecte qu’il est temps de faire ce que j’ai toujours évité en 18 ans de passion. C’est très probablement la seule façon de vous convaincre un tant soit peu que non, ce n’est pas que de la nostalgie ado ou de la révérence vis-à-vis d’un disque arrivé au bon endroit au bon moment. Passons aux choses sérieuses et chroniquons-le, ou du moins essayons.

Where has your heart run to ?

1997 est une année lourde en conséquences pour les Smashing Pumpkins. La plus évidente est le licenciement (pas forcément à l’amiable) de leur batteur, Jimmy Chamberlain, qui n’a rien trouvé de mieux à faire qu’une overdose surt la tournée de l’album Mellon Collie and the Infinite Sadness, tournée couronnant le succès sans précédent (pour le groupe, pour une double album, pour un album avec un nom pareil qui ne soit pas signé Yes) dudit album.
Or quiconque a écouté, disons Bullet with butterfly wings vous dira que Chamberlain c’est pas Jean-Michel Fournier, batteur du groupe de jazz de la MJC de Thonance les Moulins. C’est un mastodonte qui tabasse ses peaux avec une énergie enviable, pour qui tenir un rythme veut dire répéter le même roulement en boucle. Et pour un groupe de grunge (enfin, anciennement) perdre son batteur n’est pas idéal. Il sera remplacé, sur cet album, par Matt Walker de Filter (qui ouvrait sur la tournée pour les Pumpkins et l’a remplacé pour la fin), mais les percussions seront gardées au minimum. Les deux singles publiés entre les deux albums montrent, de plus, un intérêt porté par le groupe pour les accompagnements électroniques (Eye pour David Lynch et The Beginning is the End is the Beginning6 pour Joel Schumacher. Un grand écart que seul ce groupe pouvait faire).
Et non seulement le groupe subit ce départ, mais les dissensions commence à se sentir (après la rupture -bien consommée - de James et D’Arcy, maintenant James a des velléités telles qu’il sort un album solo - bizarrement lumineux pour la chronique d’une rupture - et à côté de ça, le seul truc sur lequel ils arrivent à se mettre d'accord en studio c'est envoyer chier Corgan), le patron divorce et perd sa mère. Et, logiquement, cela se ressent dès la pochette. La ravissante fillette surfant sur une étoile de la pochette multicolore de Mellon Collie laisse la place à une danseuse fantomatique, sur une photo noir et blanche qui prend tout la pochette, sur laquelle est surimposé, dans un coin, discrètement, le titre de l’album, seul : Adore.
Cette pochette annonce la couleur, et c’est gris5. Un album dépouillé, ne respirant pas la joie de vivre, où les seules étincelles de lumières proviennent de crépuscules mornes. De fait, passé la tendre To Sheila d’ouverture (le plus beau et le plus dépouillé des titres acoustiques du groupe, où l’on découvre que malgré la voix de Corgan, pourtant connue pour être très particulière, peut se faire caressante et tendre comme on ne s’y attendait pas), la lumière ne se rallumera pas avant l’intriguant instrumental d’outro.
Entre les deux, le voyage au sein de l’introspection au cœur d’un Billy Corgan en plein doute passe par nombre de nuances. L’ensemble de l’album conserve la teinte d’une sorte de new-wave electro-folk, ce qui ne veut certes rien dire mais offre une description assez complète. A l’exception du single Ava Adore (et encore) l’album est placé sous le signe des boucles électro, du piano contemplatif et des cordes. Le cliché serait bien entendu de dire que c’est l’album de la maturité. Et pour une fois c’est vrai. Mais pas juste on se calme, mais la maturité dans le vertige de la célébrité, l’acceptation de la perte, de l’échec présent malgré tout, l’art d’apprendre à vivre avec ses regrets. Corgan est la rockstar la moins rock n’ roll du monde en 1998, et ce ne sont pas ses potes qui vont l’aider à s’en sortir : pour se changer les idées, il bosse avec Manson sur l’album narrant comment la célébrité te pourrit la vie, ou avec Courtney Love sur un album narrant… la même chose avec une dose de veuvage en plus7

Mégateuf Brian! Mégateuf Courtney!

Adore est un album qui se prend de plein fouet l’angoisse, véritable et concrète, de la briéveté de la vie, de l’amour, de l’amitié. Une seconde fin du grunge, qui s’est d’abord pris de plein fouet la réalité du Teenage Angst dont il parlait, et réalise que derrière, il y a un Adult Angst qui fait presque plus mal. L’album de la douleur du fade away pour ceux qui n’ont pas pu, pas voulu burn out. Et les masques tombent, le rock disparaît et ne reste qu’un mec qui aura beau construire le plus bel écrin de surcouches électro ou acoustiques, se voit là, seul, avec sa voix qu’on sent prête à craquer à chaque instant (ce qui fait de For Martha, sommet d'émotion de l'album au sujet de la perte de sa mère, un exercice d’équilibre improbable). Rien ne symbolise mieux, à mes yeux, la sensation du ciel qui s’écroule et du sol qui s’effondre que la descente de batterie qui ouvre Tear : ce son, c’est le jingle qui retentit quand on se fait larguer.
Chacun trouvera une apogée différente dans cet album. Plus j’ai vieilli, plus je l’ai vu se repousser vers la fin. De Ava Adore, à Tear, à Pug, à For Martha, à … Blank Page. Chanson unique dans le répertoire du groupe. Billy, son piano, qui…. Raconte quelque chose. Se plaignant tout à la fois de l’insomnie, de la page blanche, désespéré, Billy fait ce qu’il n’a jamais fait auparavant. Pas de texte abstrait, pas de titre alambiqué n'apparaissant pas au sein des paroles… tellement désemparé qu’il ne sait comment remplir la page blanche autrement qu’en disant, purement et simplement, ce qu’il a fait, une anecdote du pathétique, et ce qu’il a ressenti. Lui. Pas de masque. Et le titre de s’achever dans un fade out au milieu d’une phrase. Les verrous ont sauté, il pourrait continuer à vider son sac à jamais. Restent 17 secondes pour redonner foi en l’avenir.

Adore est un album unique. Son obscure clarté, son honnêteté, le virage qu’il constitue, virage subi par la force des choses tout autant sinon plus que par volonté d’expérimenter… c’est un alignement des planètes comme il n’y en a pas tous les jours, dont j’ai eu la chance d’en être témoin, et sur lequel chaque personne qui en a été témoin ne saurait tarir d’éloges.

You make me real , Strong as I feel

Le trio de fans de mes 14 ans existe encore, en quelque sorte, mais maintenant il est constitué de membres différents ; Thomas, Xavier et moi. De façon amusante, je réalise qu’on tient tous les trois pour acquis la grandeur de cet album. Sans jamais, je pense, avoir discuté de pourquoi. De ce qui le rend unique à nos yeux à chacun… Et je suspecte que c’est parce qu’il nous touche, chacun, à un degré beaucoup trop intime.
J’ai vieilli, mais pas lui (c’est l’album au remaster le plus inutile du monde - pas banal pour un album où le nom de Flood apparaît). Aujourd’hui encore, j’ai eu comme un vertige en découvrant à quel point certaines paroles entraient en totale résonance avec des sentiments que j’ai pu avoir ces dernières années. On l’aime justement pour ça. Par instants, par fulgurances, il arrive à parfaitement exprimer nos croyances et nos doutes, nos craintes et nos espoirs, face aux plus intimes des sujets : la mort, l’amour, la foi. C’est peut-être pas Rock n’ Roll, mais au final… On s’en fout, non ?

( Deux jours après la sortie de l'album et quelques heures avant de jouer au palais des sports, le groupe joue, pendant une heure, sur le toit de la Fnac des Ternes. Que des titres d'Adore. On sent bien à quel point ils sont rincés, ce qui fait de cette version de Blank Page (qui se voit agrémentée, en live, de soli de guitare très sympa) une de mes préférées, la voix de Corgan est vraiment, vraiment sur la brèche au début, très probablement parce qu'il est éreinté. Silver linings.)
1 Il est facile (et souvent légitime) de se moquer de la capacité que peut avoir un adolescent à fanatiser les artistes qu’il aime, mais bordel, quand on tombe juste, sur le bon, c’est tout simplement idéal. Les portes que ça peut ouvrir….  Aussi, pour louper la référence que peut faire un album qui se clôt par un instrumental de 17 seconds nommé 17 fallait vraiment que ma culture musicale soit pas top à ce moment-là.
2 On pardonnera le niveau d’anglais que j’avais à cet âge, mais de façon amusante, certaines de erreurs de traduction que je faisais à l’époque sont restées gravées, et des fois au milieu d’une écoute actuelle, je découvre que bien que poétique la traduction gravée dans ma tête est quand même toute pêtée (to blame = à blâmer, pas « trop blême »)
3 Débat éternel que j’aurais eu nombre de fois et m’aura presque fait me fâcher avec certains. Adore est mon 2001, l’odyssée de l’espace à moi, presque : l’œuvre d’un art qui m’aura fait comprendre… l’existence même de cet art. De même que 2001 est le film qui m’aura fait prendre conscience (comme cela est arrivé à nombre de personnes) que le cinéma, ce n’est pas que raconter une histoire avec des images. (Je suis tellement pas clair mais il y a un point tellement difficile à exprimer ici…. Disons que dans la découverte de l’art il y a forcément un point de rupture. Celui où l’on réalise à quel point il y a plus à ce qu’on écoute, lit, regarde que juste « qu’est-ce que ça raconte ». La réalisation de « l’existence » du style en littérature, de la production en musique, de la réalisation au ciné… qui offre ce ressenti par delà ce que l’on raconte. Et le fait que ça parait naturel alors qu’on se fait juste piéger par des mecs qui ont pensé la réponse émotionnelle qu’on a – Il y a des pages à gratter sur le sujet, et je ne suis probablement pas la personne la plus habilitée.)
4 Je peux vous l’avouer, à chaque décès d’un proche, For Martha fait un tour sur la platine
5 Comme le mercure, obsession récurante et intriguante de Corgan que j'aimerai comprendre un jour.
6 A ne pas confondre avec The End is the Beginning is the End, sa face B. Qui tabasse un peu plus.
7 Outre les thématiques communes et la contribution corganienne, évoquons les teintes de gris des pochettes de ces albums respectifs, et j’avoue que ça fait quelques années que j’aimerais écrire un truc sur une analyse parallèle de ces trois albums mais bon on va pas se voiler la face ça n’arrivera probablement jamais. Et oui je sais, tout ce qu’il reste « officiellement » de Corgan sur Mechanical Animals c’est des chœurs sur un morceau.

dimanche 6 mai 2018

99 - DZ Deathrays - Bloodstreams (2012)

-          Bonjour messieurs, vous êtes?
-          DZ Deathrays
-          OK, donc, BZ Deadstay
-          Non, DZ Deathrays.
-          OK… Vous êtes sur que vous en faites pas un peu trop?
-          Non, on est jeunes et on est là pour exploser le carcan du rock n’ roll moderne.
-          OK… mais votre nom sonne comme une arme inventée par une méchant de James Bond… Enfin, d’Austin Powers.
-          Ouais mais faut voir la pochette de notre album aussi.
-          Qui sera ?
-          Genre 2 Ramones mais leurs têtes… C’est des crânes en métal.
-          L’espace d’un instant j’ai vraiment eu peur que vous disiez cristal, pour être honnête. Enfin bref, c’est quoi votre style ?
-          On a pas de style. On est la relève d’un rock n’ roll décrépit. On aime crier dans des micros avec des guitares tranchantes et une batterie martiale.
-          Du hardcore quoi
-          Mais nos chansons elles font 3 minutes.
-          Du punk donc.
-          Et on a des effets sur nos guitares pour sonner plus métalliques, plus électronique.
-          De l’électro-punk, du coup ?
-          Et on chante sur le fait qu’on est en colère et qu’on veut faire la fête parce qu’on est jeunes.
-          Excusez-moi mais je me dois de vous arrêter derechef. L’un d’entre vous a-t-il des liens avec un certain Andrew W.K. ? Parce qu’on a déjà essayé en 2001 de refourguer à nos auditeurs quelqu’un de ce nom, j’ai une obligation de transparence, et ça ferait mauvais genre si on découvrait que vous avez des liens avec lui, messieurs…
-          Non non. On le connaît vite fait, mais sans plus, j’vous l’jure. Mais du coup, transparence aussi, hein, on doit vous dire qu’on a une chanson qui s’appelle « No sleep ‘till you pass out ».
-          Soit donc une variation… « distinguée » sur le thème du « Party til you puke » du sieur W.K.
-          En quelque sorte. Mais je vous jure, il y a rien d’autre, hein. On a beaucoup moins de synthé. On a juste plus de pédales d’effets sur la guitare. Mais je vous jure, on tabasse quand même. Mais on est pas unidimensionnels non plus. Des fois, on ralentit le tempo, parfois pour un titre, parfois au milieu d’un morceau et puis comme ça on sonne menaçants.
-          Ouh, voilà qui m’interesse. Un côté sombre, mélancolique peut-être, un peu malsain, voilà qui plait à défaut d’être original.
-          Ouais, et une fois qu’on a bien posé l’ambiance glauque et menaçante, eh ben, vous savez ce qu’on fait ?
-          J’ai une légère idée, mais allez – y quand même…
-          On branche les guitares et on fait tout péter et on a notre batteur qui se démène sur sa grosse caisse et ça fait du bruit.
-          Signez ici, ici, et ici, initiales en bas de chaque page.
-          Au fait, vous venez d’Australie du coup… vous penseriez quoi, de changer votre nom pour « Antarctic Monkeys » ?



Probabilités de réécoute : Proches de 0%, vraiment.

Morceaux Marquants : No Sleep, Gebbie Street. Aussi, marquant, mais dans le sens opposé de d’habitude : Personne en ce monde ne devrait avoir à écouter un truc comme « Debt Death »

dimanche 31 décembre 2017

Une année dans mes pompes. Ou presque. Vaguement.

C'est l'heure des bilans de fin d'année. Je n'ai quasiment rien écouté qui est sorti cette année, mais il était hors de question que je reste silencieux, et Spotify m'a fait une playlist des titres que j'ai le plus écouté cette année... C'était du pain béni.
Voici donc le top 10 des titres écoutés par Guic' the old sur Spotify (c'est vraiment un truc qui va interesser un marché de niche). Par souci de diversité, seul le titre le plus écouté de chaque artiste est présent.

  1. Spent the day in Bed – Morrissey

Morrissey a sorti un album, évidement que j'en ai écouté le premier single un paquet de fois en l'attendant... Et cette bluette à la limite entre la démagogie et le réac pur sous couvert de dandysme... Je t'aime, Stephen.



    9. Led Zeppelin – Over the Hills and far away (Live)

J'ai (re) découvert un truc cette année. Quand tu dois faire une tache répétitive, qui demande un minimum de capacité cognitive (comme intégrer les commentaires de ton chef sur le document que tu dois émettre au boulot), tes meilleurs amis sont Metallica et Led Zeppelin.
Quant à ce titre, il est tout à la fois le préféré de ma chère et tendre, et un auquel je ne prêtais pas d'attention particulière à l'époque ou j'écoutais Led Zeppelin avec plus d'intérêt que de nécessité (comprendre : quand j'avais 20 ans).



  1. Rancid – East Bay Night

Titre d'ouverture d'un des albums sur lesquels je dois écrire dans le cadre du challenge que je me suis lancé (et sur lequel je stagne, je sais, mais le pire c'est que, l'article sur Rancid, il est écrit en plus, il est pas publié c'est tout), sa présence parmi les titres que j'ai le plus écouté cette année (seul titre de ce challenge à être ici présent, en plus), révèle un truc : c'est mesquin de forcer les gens à écrire sur Rancid, groupe qui mérite mieux que ce qu'on en dit, mais dont il faut vraiment être fan pour trouver les mots mérités.



    7. Nerf Herder – We opened for Weezer

OK, celle là elle est en plusieurs étapes. 2017, c'est le 20eme anniversaire de Buffy the Vampire Slayer. Dont la musique est la quintessence de ce avec quoi j'ai pu (et parfois, aurait du, par exemple on y entend les Dandy Warhols) grandir. Nerf Herder en a fait le générique. Un de leurs titres les plus écoutés est celui-ci, sur un de mes groupes préférés. Et qui sonne presque comme un titre de Weezer. Comment pourrais-je ne pas adorer ce morceau, qui est comme... un épisode de Community qui serait en fait une parodie d'une chanson de Weezer ?



    6. Rest In Peace – Buffy the Vampire Slayer Cast

Mon premier point est cité dans le n°8. Mon second, c'est que...  cette année, je suis devenu propriétaire (j'en profite pour donner des nouvelles, hein) d'un apart qui avait besoin d'un bon coup de neuf. Mon dernier c'est que j'aime parfois (souvent) que le musique que j'écoute constitue une bonne B.O. À ma vie. Quitte à forcer le truc pour me faire littéralement des films et me donner de l'entrain, possiblement même danser, alors que je fais le truc le plus relou de ma vie.

Mon tout c'est que j'ai enlevé beaucoup de papier peint au printemps dernier. Avec Spike, oui.


(Je me permets de mettre la scène parce que cet épisode est passé il y a plus de dix ans et que si vous avez pas vu Buffy a l'heure actuelle, par préjugé ou manque de gout, je ne peux rien pour vous)


    5. The Next Right Moment – Ric Ocasek

Ce morceau est présent ici comme symbole d'une article toujours pas écrit. Parce que j'ai besoin, pour écrire l'article que je veux écrire, d'un tableau de liège, de laine rouge, d'un marqueur et de photos, comme un agent du FBI traquant un serial killer. (Pour pouvoir expliquer en quoi cet album est peut-être le plus Guiquiesque des albums jamais enregistrés). C'est une très bonne chanson. Les choeurs sont très bien. Et puis il y a des sons de guitares comme j'aime bien. Ceux qui me connaissent comprendrons vite, à l'écoute.



  1. Another Day in the Sun – La la land

Voir point 6 pour les comédies musicales et le papier peit. Et même juste marcher dans la rue. Aussi, de Fevrier à aujourd'hui, forcément, il a eu plus de chances de passer. Et j'ai beaucoup aimé le film, mais je suis une midinette, pas un cinéphile.

(Je me permets de mettre la scène, vu que c'est l'ouverture. C'est pas vraiment un spoiler)

  1. My Kinda Party – Jason Aldean

J'ai fêté le nouvel an 2017 aux Etats – Unis. Une de mes passions la bas est de mettre la radio locale et de découvrir de nouveaux plaisirs coupables, tout particulièrement dans la catégorie Country Rock. Et celle-ci est ma préférée de mes découvertes de mon dernier séjour. Je la trouverais presque vraiment bien, en fait. Le fait que cet artiste soit rappelé à mon esprit après la fusillade à son concert de Las Vegas explique peut-être qu'il soit placé si haut.

Le redémarrage sur le solo bon jovien qui veut juste pas finir, l'immortel « You'll be my tan-legged Juliet, I'll be your Redneck Romeo », le fait qu'en cherchant le clip je viens de découvrir « That's my kind of night », de Luke Bryan, qui parle j'ai l'impression au vu du clip de se taper des filles dans des champs de maïs... Cette chanson a tant à offrir.


(Je mets une version live parce qu'il n'y a en fait pas de clip officiel, outre une vidéo avec les paroles. Dommage, je suis sur que le clip aurait été d'un gout parfait)
  1. Just what I needed – The Cars

C'est en me renseignant sur Ric Ocasek dans le cadre du 5, j'ai réalisé que j'en savais pas tant que ça sur le bonhomme, à part que j'ai voir son nom derrière les mots « produced by », générallement. (Un peu comme Steve Albini). Et du coup j'ai découvert (je déconne pas, j'ai découvert ça cette année), qu'il a eu un groupe au début des années 80... Plutôt connu, et dont je connaissais, de vue, les pochettes d'album. Ils sont plein de super titres, mais celui ci reste mon préféré.
Au point de me ruer vers ma chère et tendre pour lui faire découvrir, et de passer pour un inculte (« Je sais pas qui chante ça, mais moi au moins je la connaissais cette chanson, quand même... »)
Voilà, pour 2018, je vous le dit, The Cars, c'est bien. Et j'ai encore beaucoup à découvrir.



  1. Les Wampas – Baby suce ma roue

Il s'est passé deux trucs particulier, pas simultanément mais liés : les Wampas ont sorti un nouvel album de qualité, et j'ai suivi avec intérêt le Tour de France. Dans les faits, le dernier album des Wampas – et l'ensemble de leur discographie vu que j'ai considéré faire un Top 5 sur eux dans l'année et que je charche encore le N°5, c'est dingue, ça, le top 20 je le ferais à l'aise, mais réduire à 5 est limite impossible – apparaît assez souvent entre les titres de la liste précédente.

Wampas + Vélo + Production décente + jargon cycliste, voilà, ce titre m'a fait mon mois de juillet. En plus le clip est adorable avec ses photos de Didier Wampas comme un gamin à côté de Jalabert et Poulidor.



Voilà, en vous souhaitant à tous mes meilleurs voeux, je vous dit à l'année prochaine!

dimanche 10 décembre 2017

Rock n' roll hall of shame - reloaded



C'est un album qui coche toutes les cases de mon mauvais goût. Un peu l'ultime nanar musical, à mes yeux – oreilles. Le lyrisme surfait, les guitares qui partent dans des soli qu'on avait pas demandé. Les morceaux en plusieurs mouvement (avec des transitions de l'un à l'autre totalement pétées, en plus). Il semblerait, d'ailleurs, que mon mauvais goût soit très partagé. Ou simplement, que le mauvais goût est partagé ? Ou les années 70 étaient différentes. Quoiqu'il en soit, il s'est écoulé par caisse, reste l'un des albums les plus vendus de tous les temps, et se voit offrir un traitement sous forme de comédie musicale depuis le début de l'année – après avoir été, je crois, le seul album a s'être vu offrir 2 suites – et soyons sérieux, a comédie musicale, c'est là qu'ils auraient du commencer.

Je parle, bien entendu, de Bat out of Hell par Meat Loaf.


(La pochette de Painkiller de Judas Priest qui surgit de 50% des pochettes de Maiden, on peut pas dire que le gars avant pas anticipé les choses.)

Comme pour beaucoup de gens de ma géération, ma première rencontre avec Meat Loaf s'est faite par son travail, d'acteur, et pour être précis, oui, c'était dans Fight Club. Ne le reconnaissant pas de Rocky Horror Picture Show ou Wayne's World (2, je crois, si je veux être précis). Mais au final, je crois que c'est via le Rocky Horror que j'en suis venu à réaliser que, non content d'avoir une carrière musicale, monsieur restait l'auteur d'un album resté 9 ans dans les meilleures ventes (ce qui n'est pas un critère de qualité, certes, n'est – ce – pas Pink Floyd 1). Avec les musiciens de Springsteen et de Todd Rundgren en backing band. Et Rundgren lui-même à la production. Et un malade nommé Jim Weinstein à la composition. Un gars à qui on demande « une pop song », il te sort une parodie de Phil Spector de … 5 minutes. Qui s'ouvre par une minute de spoken word. (Je vais pas vous le faire en entier, mais lisez tout ce que vous pouvez sur la conception de cet album, c'est merveilleux).


Le résultat est un album qui m'emplit de joie chaque fois que je l'écoute, et pas que parce qu'il est vraiment l'album le plus over the top du monde (il y a même des titres qui paraîtraient normaux – en milieu d'album – même si, oui, une ballade avec les paroles I poured it on and I poured it out / 

I tried to show you just how much I care ça fait tiquer, surtout vu ce que j'avais compris avant d'aller vérifier les paroles ). Mais tout le monde sait que les deux pinacle de l'album sont le titre éponyme et ce qui est, parait-il, devenu un standard : Paradise by the Doashboard light.


J'ai longtemps blagué sur le fait qu'une des merveilles de cet album, c'est qu'il s'ouvre sur deux plagiats en une minute trente. Alors, certes, si je n'arrive toujours pas à expliquer la raison de pomper l'intro de Baba O'Riley des Who (de 0:40 à 0:55) à part que... ben c'est un intro assez basique qui doit se piquer sans faire attention, je comprends tout à fait, du coup, que quad tu as le pianiste de Springsteen dans ton groupe, c'est normal de lui faire faire ce qu'il sait faire de mieux : jouer Thunder Road (à partir de 1:45). C'est juste abusé de reprendre la même mélodie que l'original pour le chant, en fait.


( Quelques remarques sur ce clip:
1. Pour mémoire, on est deux ans après Bohémian Rhapsody
2. Pourquoi le ventilateur en face de Meat loaf, mais du vent sur personne d'autre?
3. Déconsseillé aux personnes épileptiques, il y a des cuts super random.) 

Mais à partir de 2:30, on commence à vraiment rentrer dans le dur, et quand au bout de 3 minutes (oui, le titre en fait près de dix, je vous ai pas dit?)... On réalise les conséquences néfastes qu'il y a eu à laisser Queen agir, et ce pour notre plus grand plaisir. Les guitares, les changements de rythmes toutes les 30 secondes, les démarrages qui finalement stoppent à l'explosion pour … revenir à un truc posé qu'on a déjà entendu il y une minute... Et ce avec, toujours le piano de Thunder Road qui se démène derrière. Et bien sur, l'indispensable. L'essentiel. Le Redémarrage. Vous connaissez cela c'est probablement ce que vous préférez, par exemple, dans Overkill de Mötörhead. La chanson s'arrête, puis redémarre. On a la même chose ici, à deux petites exceptions près. (a) Mötörhead étant un groupe de hard Rock, ça s'arrête assez abruptement. Donc quand ça repart, ok. Bat our of Hell est une splendeur lyrique, donc la chanson se doit de finir telle qu'il est logique, par le chanteur ralentissant les mots, les faisant trainer alors que les instruments meurent – on achève même sur un simple piano / voix. Donc il n'y a aucune putain de logique à ce que ça redémarre derrière. (b) Overkill redémarre deux fois, pour quelques 30 secondes à un rythme plus soutenu que la fois précédente. Bat out of Hell redémarre... à 6 minutes (on peut considérer qu'elle a déjà fait le coup à... 2 minutes, aussi) (sur 10!) sur un pont, un solo de guitare et.... lance un nouveau mouvement de la chanson. Et te refais la même à 8 minutes. Que tu crois. Là elle en finit pas de finir en fait. Mais sdu coup, elle se ferme sur une notre tenue. Tant qu'à faire, quand tu sais pas comment finir la chanson (posé, ou explosion?), certains font les deux.

Mon Dieu, j'ai créé un MONSTRE.
(Meat Loaf est à droite)

Paradise by the dashboard light – qui est découpé en trois mouvement, comme quoi Muse n'a même pas été piquer le concept dans la musique classique 1 – s'ouvre sur une tentative un peu rock n' roll à l'ancienne, avec des choristes qui chantent shoop de shop de lang et tout.
Il m'apparait nécessaire d'expliciter le titre : ça parle de s'envoyer en l'air dans une voiture.
Le moment le plus parfaitement conçu de l'album se trouve vers 3 minutes de cette chanson, lorsque le second mouvement de la chanson démarre. On est en plein rock n'roll avec choristes féminines, qui commencent, à 3 minutes pile, à reprendre une fois de plus le refrain... avant d'être coupée au milieu d'une phrase, par un instru (se voulant funk?), avant de se lancer dans... une retransmission radio de base-ball. Qui débouche sur une conversation ou madame ne veut pas aller plus loin sans que son amant ne lui confesse son amour, tandis que celui-ci lui demande encore un peu de temps avant de se déclarer. En boucle, des aller-retours. Pendant 2 minutes 30. C'est un standard radio aux USA, comme Free Bird ou Stairway to Heaven, vous savez ?


(Clairement, ils ont enregistré une performance de l'album dans son intégralité - et performance est le terme. A noter qu'on comprend grâce à ce clip que:
1. Le love interest de Meat Loaf est joué par Tim Curry qui ne s'est pas démaquillé depuis le Rocky Horror.
2. Le base-ball s'invite même dans le clip. Et en fait c'st une métaphore pour qu'on suive Meat Loaf "explorer les différentes bases du terrain"
3. On dirait du théatre alternatif new yorkais comme on en voit dans les films "qui revendiquent  mais on sait pas trop quoi" genre Rent ou Reality Bites)


Cet album est une splendeur que je peine à décrire. J me suis acharné sur un titre et demi, mais il y a tellement plus à , comment dire... Pas forcément dire, mais découvrir, écouter. Un album ou à chaque instant, il y a quelque chose dont on se dit que non, quand même, c'est abusé. Vraiment, allez- y, jetez une oreille. C'est le plus beau plaisir coupable qui soit, le Troll 2 de la musique.

Une dernière raison pour vous convaincre ? En 1993 est sorti la suite de cet album. Bat out of Hell 2 : Return to Hell. Le « tube » de l'album s'intitule « I would do anything for love (but I won't do that) » - titre qui ocncurrence, dans l'utilisation habile des parenthèses, le chef d'oeuvre deMötley Crüe « Don't go away mad (just go away) ». Ce titre de classera numéro un aux US, eau Royaume-Uni, et en Australie. Le clip de ce titre de 10 minutes marque les débuts à la réalisation d'un maître, qui marquera le cinéma moderne. Son nom est Michael Bay.




1 C'est cadeau, ça me fait plaisir

mercredi 1 novembre 2017

100. The Builders and the Butchers - Western Medicine (2013)

Eh ben mes aïeux. On est dans le dur, là. Des sonorités country, des déclamations d’Apocalypse, des plans pour des enterrements et tout. On est pas dans la joyeuseté absolue, mais ça a une classe non négligeable.
Un point spécial pour le concept de « je voulais aller à la rivière pour me laver de mes péchés mais elle était asséchée donc j’ai du les laver de mes larmes », le tout sur fond de grosse caisse apocalyptique. Je ne sais pas si ce concept a un sens pour vous, mais pour moi, il en a un : c’est cette grosse caisse qu’on laisse résonner, généralement en causant d’apocalypse (d'où son nom), sur des chansons Country. Si vous ne voyez pas, il y en a un très bon exemple sur « No Roses » qui est peut-être la meilleure chanson de l’album – en tous ca la plus caractéristique de ce que cet album a à offrir. Du désespoir festif. Une voix masculine très particulière à laquelle vient occasionnellement se mêler une agréable vois féminine. Une ambiance dont une ne parvient pas à savoir si elle est western ou désertique (de toutes façon, « The Desert is on Fire ». Quand ça veut pas…)
J’ai vraiment beaucoup aimé cet album pour le coup. Le fait que j’aie, à ce moment là, été en train de lire (de finir, enfin !) le tome 4 de La Tour Sombre peut avoir joué, tant cet album se prête vraiment à cette ambiance de Western mystique. Il y a un côté Nick Cave années 90, un côté sudiste (cliché sudiste, hein, les gars sont de Portland en fait), et je réalise que si j’ai tant de mal à définir, cerner, ou décrire leur musique, c’est peut-être aussi pas que ma faute vu que Wikipédia se sent obligé de la coller dans pas moins de 6 catégories différentes.
Bref. Un très bon album qui va te distiller juste ce qu’il faut de clichés pour que ce soit agréable, sans se vautrer dedans. Grosse caisse apocalyptique (donc), check. Cavalcades de caisse claire, check. Banjo ? Bien sur. Des trompettes pour sonner desperado, oui, aussi. Du soleil qui crame, de la pluie qui n’arrive pas et de la poussière à laquelle on va retourner ? Mais c’est une évidence mon ami.
Bref, voilà un album qu’il est bien et qui va vous rappeler, à tous qui me lisez, que c’est quand même mieux quand je déteste les choses parce que je suis plus en verve.
Un seul bémol : je ne comprends pas que les titres fassent tous 6 minutes sur la face A, et tous les titres « courts » (3 à 4 minutes) soient de l’autre côté. Si les plus longs n’étaient pas meilleurs, ça me paraîtrait insensé.



Probabilités de Réécoute : On va frôler le 100 % mais on va pas déconner, je vais mettre 90 % parce qu’on est jamais sur de rien. Cela dit, vous savez quoi ? Je vais peut-être même pousser le vice jusqu’à écouter leurs autres albums.

Morceaux marquants : Dirt in the Ground, No Roses, Pennies in the Well.