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samedi 22 juin 2024

The more you change ... the more you feel

Smashing Pumpkins - Accor Arena 


16 Juin 2024: cela fait maintenant près de six mois qu’il a été fixé que l’assemblée des Corganologues réunis remettrait ça. Presque 11 ans après Vienne, nous allions revoir les Smashing Pumpkins sur scène. Beaucoup de choses ont changé en 11 ans. Jimmiy et James sont revenus dans le groupe. Jeff est parti, Kiki (ce nom) est arrivée. Le bassiste du groupe de Xavier est devenu ma soeur. Et Jeoffroy, commentateur régulier du Golb, est venu compléter le groupe (c’est notre Katie Cole du soir)


Lors du ralliement chez moi, on a beaucoup discuté. De nos espoirs, de nos craintes, concernant la setlist.  Avant d’affronter vraiment nos craintes face à un live au Rock am Ring de 2007 s’achevant sur un Gossamer featuring Uli Jon Roth (de Scorpions) de 15 minutes enfreignant probablement la convention de Genève. On a aussi joué à Mario Kart mais je ne suis pas sur que ce soit un point majeur.


Une fois dans l’entrée de Bercy, nous nous ruons sur le stand de merchandising, sur le bar, on boit nos pintes, et on écoute juste la basse du concert de Tom Morello à travers les portes. (C’est un peu comme si tes voisins écoutent du RATM en fait). j’ai un peu l’impression d’insulter une légende. Pourtant je dois avouer que voir des T-shirts “Nazi lives don’t matter” au stand de merch était rafraichissant en ces temps agités. Certaines choses ne changent pas.


Xavier, qui décidément a plus d’audace que nous (et aussi une meilleure hygiène de vie je pense, il lui est plus aisé de trancher la foule), continue à nous pousser, vers l’avant, encore, encore un peu, avant de stationner quelques 15 mètres devant la scène, plein centre. On attend.


A 21:30, comme annoncé, les lumières s’éteignent, et c’est parti.


D’un coté il est facile de dire que, des trois fois que j’ai vu le groupe sur scène, celle-ci était la meilleure. Entre autres parce que cette fois, j’ai eu l’impression de voir le groupe sur scène, un groupe qui s’est ce soir là montré plus que la somme de ses parties: efficace, bien sûr, généreux, oui, mais aussi attentionné, offrant une setlist ciselée en forme de valse (un morceau récent - franchement, sur scène, les morceaux choisis d’Atum ils passent- suivi de deux classiques), émaillée de titres pas forcément obscurs, mais plus chéris des fans que certains singles de la grande époque (Thru the eyes of Ruby très tôt dans le concert, c’est le meilleur moyen de satisfaire et rassurer notre bande de nerds)


Il y a 10 ans on avait l’impression d’être les plus jeunes de la fosse. Ca, ça a changé. Il y a 10 ans c’était clairsemé. ca aussi ça a changé. Il faut croire qu’Atum a rempli son pari, ou simplement qu’un nouveau public a découvert le groupe (probabilité non nul que les enfants de l’ancien public aient juste grandi et qu’ils soient là comme nous on serait allés voire les Stones dnas les années 90 / 2000). 




Je cause, je cause, mais c’est parce qu’il est difficile de mettre des mots sur l’expérience que ce fut. Allez, tentons. Lors du concert de 2013, j’étais aligné avec deux amis doublés de frères d’arme, à gueuler le pont de Rocket: I shall be free, free / Free of those voices inside me


Cet instant est un souvenir que je chéris. Un parfait résumé de… de ma vie, de ma passion, de mes amitiés avec ces deux larrons. Je ne connais pas tous les détails de leurs existences, au même titre que je ne connais pas ceux de la vie de l’auteur de ces lignes. Mais cet instant, cathartique, transcendant, dont le souvenir me fait monter les larmes aux yeux, me rappelle que, peu importe nos vies, elles ont toutes contenues des moments où nous avons ressentis les mêmes sentiments à l’écoute des mêmes chansons, et peu importe que les raisons en soient différentes. Ca me suffit à savoir que ces gars auront mes arrières en cas de coup dur (théorie tristement déjà éprouvée mais c’est une autre histoire). Et un concert du groupe est une occasion trop rare pour cette assemblée d’ex ados solitaires mais similaires et solidaires de reprendre en chœurs des refrains qu’ils ont entonné mille fois dans leurs chambres tristes.


C’est en ça que ce groupe est différent pour moi, et que ces amis ont une place spécifique dans mon coeur. Des moments comme celui-ci, ce soir là, j’en ai partagés, avec tout le monde. Ma soeur, sur Tonight, tonight, l'ensemble de la fosse de Bercy, sur Today, et bien sur mes compagnons, sur un incroyable, imprévu et imprévisible Mayonaise (1).


Et donc oui, c’était bien. Et le “free from the voices inside me “ de Rocket d’être remplacé, pour les dix ans à venir, par le “I just want to be me” de ce chef d’oeuvre. 


Alerte Gorafi: trois quarentenaires se jettent dans les bras les uns des autres dans une demonstration d'affection inhabituelle après qu'un chicagoan en cosplay de Fester Adams parle de condiment. "C'est une sauce, pas un condiment" nous confie une source proche du dossier.


Et nous de pouvoir apprécier l’ensemble du concert dans une absolue béatitude. Même les reprises de U2. Même… Gossamer.


“You know I’m not dead” fut la première phrase prononcée par Corgan sur scène. Après deux heures, oui, on pouvait le dire, les Smashing Pumpkins sont bien vivants, peut-être même plus qu’il ne l’ont été depuis au moins 15 ans (Xavier dira 20).


Etait-ce le meilleur concert que j’aie vu de ma vie? Peut être pas (2). Etait-ce le plus important? Probablement. Au sortir de la salle, l’Eglise de la Corganologie se faisait une promesse de… ne plus jamais revoir le groupe sur scène. Parce que nos espoirs… ils étaient là, sur scène, même ceux qu’on osait pas formuler. Un concert tellement bien que certains tubes (1979 pour ne citer que lui) on s’en foutait. On ne peut pas espérer retourner les voir et que ce soit mieux. Fin d’un cycle. Rideau. Tristessa?


Pas vraiment. Parce que deux jours plus tard, en route vers le travail et me repassant la setlist dans le casque… Certains titres avaient retrouvé un éclat terni par les années. Pour la première fois depuis… 10 ans au moins, Today me donnait à nouveau des frissons. Et cette fois, probablement pour toujours. Mais on verra en temps et en heure - Can't live for tomorrow Tomorrow's much too long.


(Vous prenez pas la tête, sautez directement à la fin)

Vous en voulez encore? L’article de Thomas. Celui de Xavier.



(1) Mayonaise synthétise un peu le sacerdoce d’être un fan du groupe- et ce n’est qu’une raison supplémentaire de l’aimer: c’est une de leurs chansons les mieux écrites, les plus émouvantes, elle est superbement mise en musique… mais elle s’appelle Mayonaise. Ca fait tout de suite passer le prosélytisme au niveau de difficulté hardcore.


(2) Il va falloir un sacré travail pour déboulonner ”se faire haranguer par Nick Cave depuis le deuxième rang de la fosse de Fourvière en 2013”


lundi 13 mars 2023

Behind the hatred there lies a plundering desire for love

  

“Mais pourquoi t’écoutes Morrissey? Je suis contente pour toi que t’ailles au concert, mais je comprendrai jamais pourquoi t’aimes ça, ses Wohooohhoyoyoyuo. En plus c’est un connard. »

Ma femme, que j’aime, mais qui n’aime pas Nick Cave non plus (adaptation libre)

 

Pourquoi j’écoute Morrissey ? Pourquoi j’aime Morrissey ?

Disons-le tout de suite : la plupart des clichés sur Morrissey ne sont pas loin de la vérité. C’est geignard. C’est grandiloquant. Théâtral. Les paroles, à quelques (lumineuses, toujours lumineuses) exceptions près, consistent à s’autodénigrer, à réclamer compassion et consolation, ou à rappeler à tous les autres qu’ils ne sont qu’un tas de cons.

Mais le sarcasme, (plus que l’ironie si souvent citée quand on en parle), la grandiloquence, ce sont des artifices indispensables pour pouvoir enrober et assumer des paroles d’une sincérité confinant à l’impudence. N’importe quel fan de Morrissey (ou même juste des Smiths), si vous lui demandez vraiment pourquoi il l’aime, vous parlera paroles presque instantanément. Je ne pense pas qu’il y ait d’autre artiste pour lequel j’ai la même tendance à revenir en arrière pour juste une phrase comme on se repasse un solo de guitare juste après l’avoir entendu.

J’ai découvert Morrissey en 2008, à la faveur d’une non-rupture. Mon (futur) meilleur ami, qui lui en traversait une vraie évoquait dans un mail « I know it’s over », et j’y donnais une chance - ça allait me changer du « If you see her, say hello » qui tournait chez moi. Pas de chance pour moi, ça allait me filer la parfaite B.O. pour ma prochaine non-rupture. Chance pour moi, c’était la porte d’entrée vers une passion qui nous mène au concert de jeudi dernier dont ce texte est, vous l’aurez deviné, un non-compte rendu.

 

Bientôt quinze ans que le Moz  (je trouve ce surnom ridicule mais il m’épargne le compte des « r » et des « s ») m’accompagne, et la meilleure représentation que je peux offrir de cet accompagnement est celle du diablotin sur mon épaule telle qu’on peut la voir dans les vieux cartoon. Il est l’expression plate et claire de mon égo comme de ma dépression, de ma résistance comme de ma fatigue face à ce que l’Univers jette sur mon chemin. Il est le héraut des gens qui ne se prennent pas pour de la merde parce qu’ils savent ne pas en être mais ne peuvent pas le dire en société sans quoi on les accuserait d’arrogance – et en développent une frustration, une aigreur, une misanthropie acide. (Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que "I know it's over" tient une place à part dans le coeur des fans - l'intervention d'une voix extérieure démontant tout l'édifice et l'artifice en quelques phrases transforme le titre en déchirant rappel à la réalité).

J’étais un petit gros binoclard avec une grosse année d’avance, je me faisais agresser au collège, j’ai commencé à devenir à demi cool au lycée et encore, et arrivé 2008 j’étais un étudiant d’école d’ingénieur qui avait retapé une année, pris dans le tourbillon des abus de la coolitude (même si j'ai aujourd'hui conscience que j'étais plus un connard qu'autre chose1).

Morrissey prenait mes frustrations comme mes souffrances et en faisait une splendeur prête à citer. En Juin de cette année, comme citation personnelle pour ma remise de diplôme, ma sélection se porta sur « It’s so easy to laugh, it’s so easy to hate, it takes strength to be gentle and kind”. Je dois bien admettre avoir emprunté la voie facile plus qu’à mon tour en dépit de ce choix.

Voilà pourquoi j’aime Morrissey : parce qu’il a l’intégrité d’être lui là où je n’ai pas toujours celle d’être moi. Ces gémissements et yoddles2 que j’imite mal dans la salle de bain, ils sont déjà en moi et ne demandent qu’à sortir. Morrissey a le talent de tous les grands paroliers : savoir mettre en mots des sentiments qu’on n’a même pas conscience d’avoir.

 Comment pourrais-je ne pas apprécier, même plus, me sentir concerné, par la musique de celui qui a écrit (et ouvert son tour de chant l’autre jour avec) « Won’t somebody stop me/ from thinking all the time ? / So deeply / so bleakly /About everything »3 ? La question peut-elle même se poser pour quelqu’un qui me connaît ?

 

Alors que dire de plus ? « Cela excuse-t-il d’être un connard ? », je pense que c’est ça la prochaine question.

On va pas s’amuser à dissocier l’homme de l’artiste (tu as raison, laissons cela au monde du cinéma) , mais on va charger la mule sur le Personnage ? En fait, je n’ai pas envie de l’excuser, mais c’est aussi parce que… en fait j’aime bien le fait que ce soit un connard4. Encore une fois, c’est l’image du diablotin qui revient. Rockstar contre son gré, Morrissey incarne toutes les déviances du monde auquel il appartient : que l’auteur de « Paint a vulgar picture » 5 s’échine à rééditer ses albums de seconde zone au point de rendre les versions initiales presque inaccessibles, qu’il se fâche avec sa maison de disques au point que ce qui se présentait comme son meilleur album en 10 ans finisse sous clé, ou même qu’il ait des sorties de gout douteux (et le fait est que jeudi il nous a sorti une paire de trucs que CNews ne renierait pas – même si rien de légalement répréhensible), je le prends avec le reste du package. On n’aime pas Morrissey comme on aime un autre artiste. On l’aime comme un club de foot qu’on suit à travers les hauts comme les bas. On est son supporter. Et croyez-moi, des fois, c’est ce qu’on fait : on le supporte. On peut pas tous les jours être un sweet & tender hooligan.

 


Et du coup, ce concert de l’autre jour ? Eh bien il avait deux qualités majeures : il a eu lieu, et j’y étais. Moi qui avais mon billet pour le Grand Rex en 2009 et n’ai pas voulu l’échanger contre un billet au Zenith après l’annulation / report parce que d’un coup on changeait de tournée (on passait de Years of Refusal à Swords, la compile de faces B), pour découvrir que ce soir là IL A JOUE ASK, ben j’avais une revanche à prendre.

Et… c’était bien. C’était convaincant6. Bien qu’au balcon et assis (les sièges de Pleyel sont surprenants de confort, soit dit en passant), j’étais investi. Et bien sûr, le fait d’être là avec celui qui m’a ouvert la porte vers cette œuvre (je ne suis même pas sur qu’il se souvienne l’avoir fait, ni de le lui avoir rappelé ce soir-là), était hautement symbolique: a peu de choses près je le connais depuis aussi longtemps que Morrissey. Et des gens qui comprennent instinctivement en voyant un titre comme « Everyday is like Sunday », que ça va pas causer de la joie du repos mais de l’angoisse de longs après-midi d’ennui (cette période glaçante entre la semaine des Guignols et Ca cartoon), on en croise pas tous les deux jours.

Et Morrissey était ce qu’on pouvait attendre de lui. Charmant, amusant, mythomane, arrogant, délivrant des vérités toutes faites (entre autres sur la vérité elle-même), on a eu droit à quelques reprises des Smiths qui bien sur nous ont réjoui (ou secoué), mais aussi à un salutaire rappel que Morrissey solo reste un artiste qui compte et qui sait sortir de grands titres. Avec un répertoire tel que le sien, on pourrait s’attendre à ce qu’il fasse le même tour best of depuis 2004 (personne ne se plaindrait s’il venait pour la setlist du Live at Earl’s court), mais non. Et c’est ainsi que se re-révèlent à nos oreilles et sous nos yeux « Our Frank », « Jim Jim Falls », « The bullfighter dies » (l’instant PETA) ou (apogée du soir pour moi) « Trouble loves me »7 (dont j’avais presque oublié l’existence mais qui fut livré en une merveilleuse prestation).

 Le concert a duré une bonne heure et demie, quelque 20 titres dont les ¾ furent un plaisir (que quelqu’un m’explique cette insistance à garder « the Loop » dans la setlist). Le final fut aussi réjouissant que chaotique que thématiquement cohérent (des gens qui se tabassent sur Sweet & Tender Hooligan pour récupérer le T-shirt lancé par la Moz dans la fosse), et on est partis un peu confus mais surtout satisfaits. Qui sait quand l’occasion se représentera ? Si les statistiques récentes valent quelque chose… pas avant au moins 5 ans.

Alors ce n’était peut-être pas le meilleur concert jamais joué, mais il suffira. Il en a joué des mieux et de moins bien. Mais en tous cas… Ce concert, c’était le mien, et c’est l’essentiel. Et comme Morrissey en 2008… Je ne le savais pas, en y allant, mais j’en avais besoin. 

Thank you, thank you, thank you for getting me what I didn’t even know I wanted.

  

(Heureusement que le gars qui chante dans la fosse chante pas horriblement faux)

  

 

1 Une anecdote caractéristique : vers 2015 je me suis retrouvé à bosser avec un gars, genre premier de la classe qui était dans la promo en dessous de la mienne. La fin de ma mission arrivant, faisant le tour des bureaux pour dire au revoir, j’ai vécu un épisode de dissonance cognitive totale, alors qu’il complimentait sans fin le moi d’aujourd’hui tout en crachant sur le moi de 2007 / 2008, évoquant l’agréable surprise que c’était « d’avoir des conversations si intéressante avec quelqu’un qui sait autant de choses que moi », ce à quoi « il ne s’attendait vraiment pas ». A ceci près que le moi de 2008 était déjà ce gars qui savait des choses et était capable d’avoir ces conversations intéressantes… et que je n’avais jamais pensé avoir à ce point changé.

2 Le yoddle chez Morrissey, c’est comme les numéros de danse dans les comédies musicales : c’est ce qu’on utilise quand les mots ne peuvent plus exprimer les choses.

3On remarquera comment tout est là, dans ces quelques lignes : La souffrance, l’appel implorant à l’aide, la dépression, mais bien sur l’égo – ce « so deeply », seul Morrissey oserait le mettre.

4 En fait j’aime bien les connards dans le monde du rock. Mais les vrais. Si l’on veut prendre d’autres mancuniens comme exemple… les frères Gallagher. Je comprends qu’ils aient déçu leur public en splittant en coulisses juste avant de jouer, mais… ça ne pouvait pas finir autrement, on le savait, et c’est en partie ce qui les rendait précieux à nos yeux.

5 At the record company meeting / Re-issue! Re-package! Re-package! / Re-evaluate the songs / Double-pack with a photograph / Extra track (and a tacky badge)

6 Et je n’utilise pas le terme ironiquement, ni à la légère. Si à la fin d’Irish Blood English Heart Moz nous demandait d’aller envahir Buckingham Palace, j’en étais, hein.

7 Tapant ce titre, je réalise qu’il y a une dimension supplémentaire de l’œuvre Morrisséenne que je n’aborde pas : sa vie c’est de la merde mais c’est rarement (jamais) de sa faute. C’est le côté maudit, shakespearien du Personnage. Aussi : « Show me a barrel and watch me scrape it », ça c’est des paroles bordel.

dimanche 19 février 2023

Why don't you live it up and buy me a drink ?

 

Ca fait quarante huit heures que je me sens terriblement mal. Je n’arrive plus à rien, paralysé par un cerveau qui ne veut pas fermer sa gueule, et qui entraine dans sa chute un organisme qui décide de jouer la partie contre moi : à la fois affamé et nauséeux, la respiration en vrac (trop courte pour les poumons, trop longue pour ma gorge qui m’enjoint à tousser au moindre influx d’air). Immanence du mal-être qui mobilise toutes mes ressources pour alimenter sa propre souffrance. Physique, psychologique. Spirale vicieuse (donc de Moebius, pour qu’elle puisse se refermer.)

 

Autant dire que ce concert, que j’attendais avec une certaine impatience (c’est mon premier concert en presque 10 ans quand j’y réfléchis, c’est fou), j’ai peur de comment il va se passer. Et on a à peine déposer la petite chez mes parents que madame me le fait sentir, qu’elle me sent pas, ce soir.

J’ai pourtant envie de faire honneur à cette soirée. Ces billets, c’est Thomas qui me les a offerts pour mon anniversaire, à l’occasion d’une réunion de vieux blogueurs qui se serait en fait suffit à elle-même comme cadeau d’anniversaire. Et puis il y a une tendresse, une symbolique dans ce cadeau : Jessie Malin, sans Thomas, je ne saurais pas qui c’est. Et cil vient de publier un panégyrique sur le gars et sur l’importance que celui-ci a pu avoir au sein des temps difficiles qu’il a pu traverser ces derniers temps.

 

On se retrouve tous quatre (Thomas, moi-même et nos chéries),  à  la sortie du métro Pigalle et on trouve une petite brasserie où manger un morceau avant l’ouverture des portes de la boule noire. On prend des tatares, ces dames prennent des salades, c’est pas très progressiste de notre part mais c »’est ainsi.

On entre enfin dans la salle et le stand de merchandising me tend les bras et m’arrache les yeux. Ma chérie me lance un inattendu regard d’approbation qui me fait comprendre que j’ai carte blanche sur la carte bleue. On va se lâcher, parce que tristement, je n’ai aucun disque de l’artiste respecté qui se produit ce soir (il est très mal distribué en France, donc le stand de merch de son concert c’est mieux que la Fnac, et pour qui ne renâcle pas à acheter des CDs en 2023 – j’en fait partie – c’est même très honnête). Après plusieurs aller retours hésitants, je reviens avec 4 albums (dont mon chouchou en vinyle Edition limitée rose pétant)

 

La première partie est une première bonne surprise. Un gars à la guitare sèche, l’autre à la mandoline électrique. Trapper Shoepp est un gars à l’aise, causant, qui nous raconte les anecdotes qui vont avec les chansons qu’il nous propose, il joue quelque six ou sept titres, tous plutôt sympa, on rigole, et ma femme en plus se sent soudainement transportée dans le temps, de retour au Colorado ou les scènes ouvertes débordaient de singer songwriters à influence bluegrass. Je regretterai presque sa carte blanche précédente, parce que du coup elle s’en octroie une sur le stand de merci de la première partie. Enfin je dis ça pour la forme, en fait elle se dévoue à ma place, pour l’album, comme pour le T-shirt « This isn’t fun anymore », message doux amer qui résonne trop bien avec les difficultés actuelles de nos vies. (Et sonne comme un titre de chanson de Morissey)

 

Puis Jessie entre en scène avec son groupe. On a beau être sur la tournée anniversaire de « The fine art of self -destruction » (oh ironie mordante, j’ai l’impression d’y être ceinture noir depuis avant-hier), il attaque avec des titres récents. Quand bien même je suis peu familier de ceux-ci, que voulez-vous que je dise ? Ils sont super. Et au milieu, une reprise de « If I should fall from grace with God » des Pogues. Que demande le peuple ?

 

Ben a priori le peuple il demande quand même ce pour quoi il est venu, enfin ce qu’il y avait sur l’affiche, donc on attaque l’album. Dans l’ordre. Une façon de faire les choses avec laquelle j’ai parfois quelques soucis (j’ai la méga flemme de chercher mais je sais que je dénonçais la pratique sur mon blog il y a quelque dix ans), mais que Malin émaille d’anecdotes sur l’histoire des chansons, de l’album, souvent douces-amères mais tout aussi souvent drôles. On croise dans ses anecdotes beaucoup de fantômes, mais toujours avec cet angle qui fait les beaux enterrements : la joie d’avoir connu plutôt que la tristesse d’avoir perdu.

Une surprise vient cependant interrompre l’enchaînement prédéterminé de la tracklist, et (je dois être en veine), c’est littéralement un  des titres que j’avais, en plaisantant à moitié, évoqué vouloir entendre quand nous discutions de l’organisation, avec Thomas, au téléphone, deux jours plus tôt, pendant que ma fille hurlait en arrière plan : la reprise de Bastards of Young, des Replacements, qu’on trouve sur Glitter in the Gutter.

 

Quelques quinze minutes après avoir hurlé à tue-tête les « I don’t know » » de Wendy, ma catharsis se continue en m’égosillant sur cet hymne de loser, que reprennent en chœur tous les « sons of no one » de la salle. Et moi de redoubler de vois sur le pont qui exprime le sentiment le plus commun mais le plus frustrant de l’existence. J’ai la flemme de le réécrire ici, ceux qui connaissent savent de quoi je parle, les autres allez découvrir cette pépite.

 

Le fin de l’album se déroule sans accroc ni surprise, chacun perdant un peu le fil passé l’endroit ou il arrête généralement d’écouter l’album. (Personne ne va à chaque fois jusqu’à Xmas, soyons honnêtes). Je serai bien en peine de vous dire quand, précisément, j’ai eu mon épiphanie du soir, mais c’est sous son influence que le « Meet me again at the end of the world » final, j’ai pu l’apprécier à sa juste valeur.

10 ans que je connais ma femme (et Thomas la sienne), 15 ans que Thomas et moi on se connait. Tous, on en a connu des emmerdes diverses et variées. Et nous voici tous réunis, dans une salle de concert, se sentant bien, heureux. Parce qu’on a beau morfler, on est là. On est vivants. Et à travers ses titres écorchés autant que ses anecdotes drolatiquement tristes, Jessie Malin est un des nôtres. Non, plus encore. Il est le symbole même d’un mot tellement surutilisé qu’on en a bazardé le sens, il est là, debout, splendide : notre apôtre de la résilience.

 




Ce soir, The Fine art of Self-Destruction, album que j’aimais déjà, vient de passer à un stade supérieur, symbolique : une œuvre pour se rappeler que ça ira mieux. Quand ? on s’en fout. L’important c’est que ça arrivera. Garder la volonté. Je leur dois bien ça, aux gens qui m’ont entouré comme à lui, revenu de tout pour jouer dans une salle de même pas 200 personnes où, exception faite de ma femme, je suis le cadet.

N'empêche, c’est pas tous les jours que ton cadeau d’anniversaire te permets de sortir d’une crise existentielle.

Apposé à sa signature, sur mon vinyle, sont ces trois lettres : PMA. Pour Positive Mental Attitude, avait-il expliqué pendant son set. On va essayer.



mardi 12 février 2013

Nick Cave and the Bad Seeds, Live au Trianon (Paris, 11 Février 2013)

Lyon. Un week-end de 2007. Ou de 2008. Probablement 2008. Par contre, je n'arrive plus à me rappeler lequel, ni ce que je faisais à Lyon. Ca devait être 2008, parce que si j'ai écouté Nick Cave plus que de raison quand j'étais à Lyon en 2007, ce n'est qu'en 2008 que j'ai acquis Abattoir Blues / the Lyre of Orpheus. A Lyon pourtant. Ma mémoire n'est sûrement plus ce que je crois qu'elle était.
Toujours est il que je déambulais dans la Gare de la Part-Dieu quand c'est arrivé. Soudain, pour la première fois depuis des années, un titre, que j'avais pourtant déjà écouté quelques fois auparavant, m'a collé, d'un coup d'un seul, lors d'une montée / pont final, un sévère coup derrière la tête. Et me voilà, figé, frissonnant, au milieu de gens courant après leurs trains.

Hey, little train, wait for me. I once was blind, but now I see...

La seule raison pour laquelle je vous raconte ça, c'est que je ne me suis rappelé de ce moment de ma vie qu'hier soir. Elle est là la puissance de l’œuvre Cavienne (c'est cela dit le propre de l’œuvre de tout Grand), celle de nous dire, de nous rappeler de nous découvrir nous-mêmes.

Les Cavistes (que j'espère nombreux parmi les lecteurs de ces pages) ne devraient pas avoir besoin de plus que ça et de la setlist du concert d'hier pour comprendre à quel point j'ai passé une soirée extraordinaire. Mais c'est un peu court (jeune home) pour les autres, donc voilà.

http://blogs.lexpress.fr/judebox/wp-content/blogs.dir/687/files/2013/02/59ce89d2-630x630-300x300.jpgJ'ai décidé de prendre une place pour le concert de Nick Cave au Trianon pour la raison la plus con du monde : pour me venger de n'avoir pas pu avoir une place pour le concert de Pulp à l'Olympia. Je voulais y être, presque plus que je ne voulais y assister. Car voyez-vous, le petit problème, c'est que ce concert était là pour présenter le nouvel album. Nouvel album qui ne sort que lundi. Mais que tout le monde a déjà écouté. Sauf moi. Parce que tant qu'à faire, je voulais faire les choses bien. C'était ma première fois avec Nick Cave, tout de même.

Or justement, le problème c'est que l’œuvre du gars ces dernières années n'était pas vraiment à l'image de ses gloires passées. Si j'osais, j'avouerais que le dernier morceau de sa main qui m'ait vraiment entièrement convaincu, c'est « No Pussy Blues ». 2007, donc.
Enfin, ça c'était avant hier soir.

La salle du Trianon est charmante, avec ses sculptures et ses labris ses balcons en corbeille, sa moquette râpée de centre de Sécurité sociale. Le long rideau rouge pend sur la scène , et on se dit qu'au moins, le lieu est agréable – ce qui n'est pas plus mal vu qu'il faut y retourner dans quelques mois. En attendant qu'arrive Ska, et faute de pouvoir payer autrement que par carte bleue, je sirote un Jack Daniells 1 pour me mettre dans l'ambiance quand s'ouvre soudain le rideau rouge... sur un écran. Pour la diffusion du making of du dernier album. Ce n'est pas la chose la plus fascinante du monde, mais ça occupe. Surtout que (c'est le barman qui me l'a dit) le concert commençant à 20 h 30 ça ne devrait plus tarder.

C'est à ce moment que je retrouve Ska et sa chère et tendre. On discute quand le noir s'abat sur la scène. Les Bad Seeds ont tellement changés qu'on peine à reconnaître les musiciens, sauf évidement Warren « Robinson » Ellis. Il faudra que le Caveman himself excuse un Thomas Wylder malade pour réaliser que le batteur remplaçant de ce soir n'est autre que... Barry Adamson!2
Le groupe est accompagné, j'ai oublié de le dire, de plusieurs choristes : deux jeunes filles et quatre enfants, auprès desquels un Nick Cave étonnamment joueur avec son public ce soir ne cessera de s'excuser à chaque insulte proférée. (Enfin, à chaque « fuckin' ». Et ça fait fuckin' souvent).



Nick Cave, lui, n'arrive évidement qu'en dernier pour s'emparer du micro et saluer la salle, avant d'annoncer le programme de la soirée : Jouer d'abord le nouvel album dans l'ordre (« et non en shuffle comme tout le monde l'écouterai de nos jours »), puis ensuite jouer « some other old stuff ». On signe évidement des deux mains. Surtout pour les old stuff, parce qu'on vous rappellera ma situation : Cave ne m'a pas convaincu sur disque depuis … 2004 ?, et je ne sais pas encore vraiment à quoi ressemble l'album.

Dieu merci, les titres sont doux, Cave articule suffisamment bien pour que même dans les moments où je suis un peu moins convaincus (moments étonnamment rares, car, je le découvre ce soir même, l'album est plutôt très bon), je peux m'accrocher à l'écoute des paroles pour être certain de ne pas m'ennuyer un instant. Cela entraînera évidement quelques instants d'incompréhension (« Attends, c'est moi ou il vient bien de chanter « Wikipedia is heaven » ? Attends, il vient pas de dire « Hannah Montana » ? Faut croire, il vient de dire « Miley Cyrus ». Oh merde. Dans une chanson qui s'appele « Higgs Boson Blues »3)

Du nouvel album, je retiens surtout « We know who U R », ouverture sombre et tendre, « Jubilee Street » et « Finishing Jubilee Street », « Higgs Boson Blues », et le titre intitulant l'albm « Push the sky away » (Ce titre résonne particulièrement en ce jour de papauté démissionnaire, d'ailleurs...)

D'un certain côté, alors même que je me fais terrasser par certains titres, je sais que j'ai fait tout à la fois le bon et le mauvais choix. Découvrir Jubilee Street et son final, comme ça, sur scène, c'est le meilleur moyen de le découvrir, explosif, tranchant, impressionnant... Mais enfonçant fatalement, pour toujours, tout espoir d'être jamais réellement convaincu par son pendant studio qui n'atteindra jamais la même énergie, ne me mettra jamais, jamais, malgré toute la bonne volonté que le groupe comme moi pourraient y mêler, dans le même état que durant ces instants fugaces de communion.
Le même problème se posera pour « Higgs Boson Blues », même si l'incongruité des paroles me permettra de garder un peu plus les pieds sur terre.
Push the sky away conclut la première partie du set sur une note douceâtre, m'inspirant une image pas très inspirée à base de Leonard Cohen meets Kid A. La métaphore est pourrie, mais la chanson est belle.

Alors voilà. On est déjà très convaincu par l'album qu'on vient d'entendre. Mais d'un autre côté... C'est maintenant que l'excitation monte vraiment. Vraiment.

« And now, as promised, let's play some old stuff ».

On a à peine le temps de respirer qu'on abandonne tout ce qui faisait l'ambiance de la première moitié du concert. De halos pâles, la lumière s'ensanglante soudain, Nick saisit le micro et...

« I wanna tell you about a girl »

Non... Si.

From her to eternity, comme ça, direct. Plus de mélancolie, mais du sombre, du violent, Cave gesticulant, sautant, éructant... Nick Cavant. Il est en forme pour un vieux. Et il ne nous laisse pas vraiment de répit, nous entraînant dans la poisseur de sa discographie passée... Car à peine achevée cette performance sur un de ses titres de jeunesse... sonnent le glas. Non, sérieusement, Nick. Red Right Hand ? Maintenant, comme ça ? A croire qu'il veut convaincre au plus vite ceux qui auraient pu ne pas l'être suite à la première partie...



Mais bon, on ne peut pas tout faire dans la poix... Il est donc temps de remettre un peu de lumière dans ce théâtre. Ce sera O Children, qui, une fois que j'aurais compris qu'en fait ce n'était pas Easy Money, me bloquera à mi chemin entre le Trianon en 2013 et la Gare de la Part-Dieu en 2008. Oui, disons 2008, vous l'aurez deviné.
Et afin de vraiment poser les choses, de calmer l'ambiance à nouveau, ce sera the Ship Song, avant de dire bye-bye aux choristes (il est 22h, c'est l'heure de coucher les enfants.) Et ainsi, pendant encore quelques titres, les Bad Seeds, entre eux, de nous offrir, selon l'humeur, ce savant mélange de sang, de sueur, de larmes et de foutre qui constitue le cocktail unique de l’œuvre de Nick Cave.

A nouveau, on repart d'un sommet de violence avec Jack the Ripper, menée de main (de fer) de maître.4 Et on se surprend à découvrir ce groupe, ancien, rodé, déroulant ces titres avec une fougue et une énergie et une bonhomie (j'ose le terme) attendrissante. Pro, mais humains. Sauf le grand maître de cérémonie, pénétré, qui aimante le regard. Il y a là un déséquilibre aussi fascinant que frappant, ant, derrière lui, le groupe semble s'amuser tandis que lui prend les choses au sérieux.... Sauf que... sauf qu'il est un moment ou tous doivent s'amuser, et ce sera Deanna. On connaît tous ce titre, ce n'est pas lui le pic de la carrière des Bad Seeds, c'est, mais il est impossible de bouder son plaisir, surtout sur une version live aussi entraînante5.

Maintenant on s'en doute, il est temps de rebaisser le ton d'un cran, et le patron de s'installer au piano (dont on découvre l'existence à ce moment à vu qu'il n'avait pas servi jusqu'à présent!). C'est le moment souffrance. Your Funeral, my Trial, puis... Love Letter. Love Letter, Love Letter...
Paradoxalement, ce sera le moment « bas » de cette session (enfin à mes yeux), ce qui est surtout le preuve (sinon de mon manque de goût diront certains) du côté relevé de ce menu best of. Qui doit bien évidement s'achever en feu d'artifice...

I begin to warm and chill... To objects and their field....

Évidement. En plus la gonzesse derrière moi arrêtera enfin de gueuler « The Mercy Seat » à la fin de chaque morceau. Sauf que. Insatisfait par le démarrage, le groupe reprend le morceau, à l'instigation de son chanteur, depuis le début. Pour finir en apothéose, avec cette coda démente qu'on connaît tous (si vous ne connaissez pas, vous devriez).

Essoufflé, ravi, fasciné, même pas vraiment capable de râler que j'ai pas entendu telle chansons tellement je suis ravi et convaincu, j'attends. J'attends le retour, le rappel. Qui bien évidement viendra. Dum dududum... tou doudoudoum. Voilà. La conclusion. La folie, le sang, la sueur, le foutre, les larmes et le Diable : Stagger Lee. On ne saurait rêver meilleure conclusion. Les lumières se rallument pour nous indiquer la sortie, on a pas envie, mais bon.

Je sais, je ne suis pas à la hauteur pour résumer ce concert qui aura su me donner la chair de poule comme peu y sont parvenus auparavant... J'en suis désolé. Mais j'ai vu l'Apocalypse, et c'était beau.

Il est temps pour certain d'aller chercher les enfants, pour d'autres de rentrer... Et d'aller se coucher, en glissant dans le radio-réveil « The Lyre of Orpheus »...

O Children... Rejoice. Rejoice.






Setlist : Je vous ai détaillé tous les titres, donc c'est pas la peine non plus....


1 Oui, c'est décidé, vu les échos que j'ai eus de mon compte rendu de Rock en Seine, j'ai désormais décider de détailler toutes mes boissons dans les compte-rendus de concert. Rassurez-vous, je varierai les breuvages, et c'était mon seul verre de la soirée.
2 Je sais, ça ne peut faire (sou)rire que les cavistes nerds, et encore.
3 Cette chanson m'a bizarrement touché, en ce sens que j'y associe plein de trucs, eut égard à son truc, qui ne sont pas dedans. D'une part le blues du but atteint sans but vers lequel aller après – comme ont du le ressentir les physicien qui cherchaient à prouver l'existence dudit boson... Et se sont fait doubler. D'autre part, le fait que j'en ai appris la découverte via un texto qu'on m'a envoyé alors que j'étais en route pour un enterrement. Dieu que c'est triste un boson en Juillet.
4 On signalera que cette chanson fut présentée par le Caveman himself de la façon suivante : Vous savez, dans la vie à un moment ou à un autre, on atteint un pic, et à partir de là, tout ne fait que chuter … Blaaaah... Cette chanson est mon pic personnel ».
5 D'ailleurs, c'est peut-être la fréquentation trop assidue des concerts garage de Montreuil, mais j'avais bien l'impression d'être le seul en train de twister sur Deanna. Les gens ne savent plus s'amuser.