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dimanche 31 décembre 2017

Une année dans mes pompes. Ou presque. Vaguement.

C'est l'heure des bilans de fin d'année. Je n'ai quasiment rien écouté qui est sorti cette année, mais il était hors de question que je reste silencieux, et Spotify m'a fait une playlist des titres que j'ai le plus écouté cette année... C'était du pain béni.
Voici donc le top 10 des titres écoutés par Guic' the old sur Spotify (c'est vraiment un truc qui va interesser un marché de niche). Par souci de diversité, seul le titre le plus écouté de chaque artiste est présent.

  1. Spent the day in Bed – Morrissey

Morrissey a sorti un album, évidement que j'en ai écouté le premier single un paquet de fois en l'attendant... Et cette bluette à la limite entre la démagogie et le réac pur sous couvert de dandysme... Je t'aime, Stephen.



    9. Led Zeppelin – Over the Hills and far away (Live)

J'ai (re) découvert un truc cette année. Quand tu dois faire une tache répétitive, qui demande un minimum de capacité cognitive (comme intégrer les commentaires de ton chef sur le document que tu dois émettre au boulot), tes meilleurs amis sont Metallica et Led Zeppelin.
Quant à ce titre, il est tout à la fois le préféré de ma chère et tendre, et un auquel je ne prêtais pas d'attention particulière à l'époque ou j'écoutais Led Zeppelin avec plus d'intérêt que de nécessité (comprendre : quand j'avais 20 ans).



  1. Rancid – East Bay Night

Titre d'ouverture d'un des albums sur lesquels je dois écrire dans le cadre du challenge que je me suis lancé (et sur lequel je stagne, je sais, mais le pire c'est que, l'article sur Rancid, il est écrit en plus, il est pas publié c'est tout), sa présence parmi les titres que j'ai le plus écouté cette année (seul titre de ce challenge à être ici présent, en plus), révèle un truc : c'est mesquin de forcer les gens à écrire sur Rancid, groupe qui mérite mieux que ce qu'on en dit, mais dont il faut vraiment être fan pour trouver les mots mérités.



    7. Nerf Herder – We opened for Weezer

OK, celle là elle est en plusieurs étapes. 2017, c'est le 20eme anniversaire de Buffy the Vampire Slayer. Dont la musique est la quintessence de ce avec quoi j'ai pu (et parfois, aurait du, par exemple on y entend les Dandy Warhols) grandir. Nerf Herder en a fait le générique. Un de leurs titres les plus écoutés est celui-ci, sur un de mes groupes préférés. Et qui sonne presque comme un titre de Weezer. Comment pourrais-je ne pas adorer ce morceau, qui est comme... un épisode de Community qui serait en fait une parodie d'une chanson de Weezer ?



    6. Rest In Peace – Buffy the Vampire Slayer Cast

Mon premier point est cité dans le n°8. Mon second, c'est que...  cette année, je suis devenu propriétaire (j'en profite pour donner des nouvelles, hein) d'un apart qui avait besoin d'un bon coup de neuf. Mon dernier c'est que j'aime parfois (souvent) que le musique que j'écoute constitue une bonne B.O. À ma vie. Quitte à forcer le truc pour me faire littéralement des films et me donner de l'entrain, possiblement même danser, alors que je fais le truc le plus relou de ma vie.

Mon tout c'est que j'ai enlevé beaucoup de papier peint au printemps dernier. Avec Spike, oui.


(Je me permets de mettre la scène parce que cet épisode est passé il y a plus de dix ans et que si vous avez pas vu Buffy a l'heure actuelle, par préjugé ou manque de gout, je ne peux rien pour vous)


    5. The Next Right Moment – Ric Ocasek

Ce morceau est présent ici comme symbole d'une article toujours pas écrit. Parce que j'ai besoin, pour écrire l'article que je veux écrire, d'un tableau de liège, de laine rouge, d'un marqueur et de photos, comme un agent du FBI traquant un serial killer. (Pour pouvoir expliquer en quoi cet album est peut-être le plus Guiquiesque des albums jamais enregistrés). C'est une très bonne chanson. Les choeurs sont très bien. Et puis il y a des sons de guitares comme j'aime bien. Ceux qui me connaissent comprendrons vite, à l'écoute.



  1. Another Day in the Sun – La la land

Voir point 6 pour les comédies musicales et le papier peit. Et même juste marcher dans la rue. Aussi, de Fevrier à aujourd'hui, forcément, il a eu plus de chances de passer. Et j'ai beaucoup aimé le film, mais je suis une midinette, pas un cinéphile.

(Je me permets de mettre la scène, vu que c'est l'ouverture. C'est pas vraiment un spoiler)

  1. My Kinda Party – Jason Aldean

J'ai fêté le nouvel an 2017 aux Etats – Unis. Une de mes passions la bas est de mettre la radio locale et de découvrir de nouveaux plaisirs coupables, tout particulièrement dans la catégorie Country Rock. Et celle-ci est ma préférée de mes découvertes de mon dernier séjour. Je la trouverais presque vraiment bien, en fait. Le fait que cet artiste soit rappelé à mon esprit après la fusillade à son concert de Las Vegas explique peut-être qu'il soit placé si haut.

Le redémarrage sur le solo bon jovien qui veut juste pas finir, l'immortel « You'll be my tan-legged Juliet, I'll be your Redneck Romeo », le fait qu'en cherchant le clip je viens de découvrir « That's my kind of night », de Luke Bryan, qui parle j'ai l'impression au vu du clip de se taper des filles dans des champs de maïs... Cette chanson a tant à offrir.


(Je mets une version live parce qu'il n'y a en fait pas de clip officiel, outre une vidéo avec les paroles. Dommage, je suis sur que le clip aurait été d'un gout parfait)
  1. Just what I needed – The Cars

C'est en me renseignant sur Ric Ocasek dans le cadre du 5, j'ai réalisé que j'en savais pas tant que ça sur le bonhomme, à part que j'ai voir son nom derrière les mots « produced by », générallement. (Un peu comme Steve Albini). Et du coup j'ai découvert (je déconne pas, j'ai découvert ça cette année), qu'il a eu un groupe au début des années 80... Plutôt connu, et dont je connaissais, de vue, les pochettes d'album. Ils sont plein de super titres, mais celui ci reste mon préféré.
Au point de me ruer vers ma chère et tendre pour lui faire découvrir, et de passer pour un inculte (« Je sais pas qui chante ça, mais moi au moins je la connaissais cette chanson, quand même... »)
Voilà, pour 2018, je vous le dit, The Cars, c'est bien. Et j'ai encore beaucoup à découvrir.



  1. Les Wampas – Baby suce ma roue

Il s'est passé deux trucs particulier, pas simultanément mais liés : les Wampas ont sorti un nouvel album de qualité, et j'ai suivi avec intérêt le Tour de France. Dans les faits, le dernier album des Wampas – et l'ensemble de leur discographie vu que j'ai considéré faire un Top 5 sur eux dans l'année et que je charche encore le N°5, c'est dingue, ça, le top 20 je le ferais à l'aise, mais réduire à 5 est limite impossible – apparaît assez souvent entre les titres de la liste précédente.

Wampas + Vélo + Production décente + jargon cycliste, voilà, ce titre m'a fait mon mois de juillet. En plus le clip est adorable avec ses photos de Didier Wampas comme un gamin à côté de Jalabert et Poulidor.



Voilà, en vous souhaitant à tous mes meilleurs voeux, je vous dit à l'année prochaine!

dimanche 3 septembre 2017

What the Duck?


Autant attaquer en disant la vérité crue du contexte et de la fainéantise: J'ai vraiment failli vous sortir une critique du pilote du reboot de Ducktales (La bande à Picsou) qui a été diffusé le 12 Aout dernier, avant que la saison ne commence fin Septembre prochain. Puis plus je réfléchissais à ce que je voulais dire, plus j'ai réalisé qu'en fait j'allais tout spoiler assez salement d'une part, et que ça allait arriver comme un cheveu sur la soupe, d'autre part. Et surtout que la plupart des (minimes) reproches que j'aurais tendance à faire son liés à mon goût pour les BDs dont les personnages de la série s'inspire. Un peu comme les gens cool le font avec Walking Dead, mais moi c'est Picsou.

Du coup, laissez moi vous raconter un truc. Etant gamin, la tradition était que, à chaque vacances où j'allais m'enterrer à la campagne, pour le voyage en train (et, du coup, par extension, pour les vacances, vu que j'étais enterré à la campagne), j'avais droit au Picsou Magazine du mois. Comme peut-être la plupart des lecteurs de l'époque, c'est le fait que le magazine offrait un gadget qui m'avait attiré. Mais la fait est que les BD étaient cool aussi. De fait, je ne sais pas précisément quand j'ai fini par mettre un nom sur les deux auteurs révérés du magazine : Carl Barks et Don Rosa. Pour le second, j'ai du m'en rendre compte assez vite, vu que la publication d'une nouvelle de ses BD était toujours un événement.

J'ai maintenant plus de 30 piges et je vous le dis : il y avait de quoi. C'est marrant, parce que je suis sûr que si on me demandait quel est mon auteur de bandes dessinées préféré, je le zapperai probablement parce que j'oublierai d'y penser, mais dans les faits, peu de BD m'ont autant passionné que les BD de Keno Don Rosa. A mes yeux, il est comme un mélange entre Barks (le maître et l'influence majeure et revendiquée) et Gotlib : il suffit de jeter un œil aux Bds qu'il dessinait dans les années 70 (Pertwillaby Papers, en particulier) pour voir une surprenante familiarité transatlantique. J'aime ces Bds parce qu'elles ne donnent pas tout à la première lecture. Barks était un dessinateur talentueux et créatif, mais simple. Don Rosa est un grand malade. Les fonds sont foisonnants de détails, de références de gags d'arrière plan. C'est un fan qui veut en faire des tonnes, mais qui, Dieu merci, a un éditeur pour le rappeler à l'ordre de temps en temps.
Vous comprendrez aisément pourquoi je me suis rué quand elle est parue sur son intégrale, découvrant ainsi que j'ai du arrêter de lire Picsou Magazine quelque part aux alentours de 2001 je dirais – soit donc à 15 ans – mais aussi à quel point ces Bds m'avaient marqué. Il y en a que j'ai relues en m'en souvenant parfaitement, alors que je ne les avait pas eues sous les yeux en plus de 10 ans.

Je comprends dorénavant pourquoi j'aime ces histoires, et comment elles fonctionnent. Pourquoi la galerie de personnages est si intéressante: ne serait-ce que le fait qu'ils ont tous des qualités ET des défauts, même les méchants. Sauf les Rapetou. Et Gontran. OK).
Comment il n'y a techniquement que quelques types d'histoires marquantes : Picsou part à la recherche d'un trésor mythique (parfois, en concurrence avec Gripsou), les histoires humoristiques (Donald a un nouveau métier ou Miss Tick une nouvelle baguette), les Rapetous volent une invention de Géo et tentent de vider le coffre avec, et les histoires d'anniversaire (Il y a bien 5 à 10 histoires spéciales écrites pour les 40 ou 50 ans d'un personnage). Pourtant, même les rouages connus et repérés, cela n’empêche pas les histoires d'être fascinantes. Comme des bons comics, quoi. Mais là n'est pas le sujet.

Je sens aussi le besoin impérieux de noter cette bizarrerie de traduction qui ne cesse de me perturber: En Francaçias, Picsou a pour prénom Balthazar. En anglais, Scrooge a... pour nom de famille McDuck. Résultat, en V.O. tout le monde l'appelle par son prénom, mais en V.F.,  non, tout le monde l'appelle par sonn nom de famille. Même ses neveux, et ça, c'est super bizarre. Fin de la parenthèse.

Du coup, pas étonnant que je décide de faire un top 5 des Bds de Canards de Don Rosa.

Mention honorables: Ces histoires dont je me souvenais avant même de les relire mais qui n'entreront pas dans le Top 5, dans l'ordre dans lequel je m'en souviens... Le trésor de Crésus, Le trésor des 10 avatars, Un problème de Taille, Un petit cadeau très spécial, Retour à Sétatroce. 



Hors Catégorie : la Jeunesse de Picsou (The Life & Times of Scrooge McDuck) – 1991 - 1995

Sortons le du chemin, les 12 épisodes de l'oeuvre de base sont hors catégorie directement. C'est un chef-d'oeuvre, je le relis minimum une fois l'an, c'est en en lisant des épisodes au hasard des publications en magazine que j'ai commencé à apprécier le personnage de Picsou (bien plus qu'en regardant La Bande à Picsou), j'ai eu à l'époque de sa sortie le hors série condensant tous les épisodes (le premier qui est sorti), que j'ai perdu, que j'ai regretté avoir perdu, et en tombant sur ce volume 1 de l'intégrale (volume 1 qui condense donc les 12 épisodes, le second condensant les épisodes « bis »), j'avais beau être dans le rouge ce mois là je l'ai pris sans me poser de question. Et le second avec lui,
C'est une œuvre intelligente, bien structurée, qui permet de remettre certaines choses à leur place, introduit certains personnages, pense à tout le monde, a du être la raison d'un travail de recherche hallucinat (à noter que les postfaces de chaque épisode sont trop courtes à mon goût, et elles font 3 pages chacune, c'est dire), et qui rappelle ce qu'est censé représenter Picsou : un millionnaire pingre et avide, pour sur, mais avec des principes : qui s'est enrichi de son travail, et de façon honnête, et pour qui l'aventure compte (presque) plus que l'argent 1, avec sa façon à lui d'avoir le sens de la famille2. Et puis si ça a inspiré un album entier au mec de Nightwish (dont la pochette est à tomber), donc si ça ça vous convainc pas...





Allez, on est partis pour un vrai top 5, d'une scandaleuse subjectivité.

5. Retour à Xanadu (Return to Xanadu) - 1990

Je mets celle-ci en dernier, car cette chasse au trésor de l'empire mongol s'avère être la suite d'une histoire de Carl Barks (Beaucoup le sont, de très près ou d'assez loin), et pour le coup, elle ne s'apprécie vraiment qu'en connaissant l'histoire qui vient avant. Histoire dont je ne peux vous révéler le titre vu que... réaliser qu'on est dans une suite, et dans la suite de quelle histoire, est un des rebondissements de celle-ci.
Pourquoi donc choisir celle-ci, s'il est si difficile d'en parler ? Parce qu'elle contient un de ces moments auxquels on ne s'attend pas. Qui s'attend, en lisant une histoire de canards Disney, à vraiment s'inquiéter pour le sort de l'un d'eux, ou à être ému en le voyant douter ou se sacrifier ?
Mais aussi parce que c'est une démonstration de maîtrise dans le fait d'écrire une suite, intelligente, qui sait respecter l'original tout en y apportant plus. Un exemple.

4. Le fils du Soleil (The son of the Sun) – 1987



Il s'agit ici de la toute première histoire jamais déssinée par Don Rosa, et pourtant tout y est. D'une certaine façon, elle est même (à mes yeux) supérieure à toutes celle qu'il dessinera jusqu'à notre n°5.
Alors certes, le dessin n'a pas la beauté ni la précision de ce qui est à venir – de l'aveu propre de l'auteur, une grande partie des poses sont pompées sur des dessins de Barks. Mais les deux premières pages sont d'une abondance incroyable de détails, de références, de gags : dès le début, les arrières plans nous offrent la richesse d'une seconde lecture à la recherche de détails.
De plus, pour sa première histoire, Don Rosa nous offre une chasse au trésor à la recherche d'un trésor mythique, et ce en concurrence face à Gripsou. La première entrevue de Gripsou et Picsou est une des BD de Barks qui m'a le plus fortement marqué, et j'adore ce personnage (on aime tous un personnage capable de mettre notre héros face à ses propres contradictions). Don Rosa, tout en restant fidèle à Barks, en offre une image plus creusée : il est aussi riche, aussi malin et intelligent, aussi plein de ressources que Picsou. Mais il ne recule devant rien, et surtout pas devant un peu de mahonnêteté. Et tout est là. Dès une première histoire, qui se lit comme un Indiana Jones inédit... Ce qui n'est qu'un juste retour d'ascenseur.3




3. La Quête du Kalevala ( The Quest for Kalevala) - 1999



Dès lors qu’on commence à fouiller un peu sur le sujet des canards Disney, il est un point qui ne manque pas de surprendre : leur popularité en Scandinavie. Dès lors, il est normal que beaucoup des commande passées auprès de Don Rosa proviennent d’Egmont, l’éditeur principal des histoires de Canards de la région – et des journaux associés (entre autres, nombres d’histoires de 1993 – 1995 sont des commandes relatives à des évènements spécifiques traversés par la Norvège). Pourtant, il s’avère que cette popularité est  la plus grande… en Finlande, ou le Picsou magazine local est un des journaux au plus grand tirages du pays.
Un pays dont l’un des groupes les plus connus voit son guitariste sortit un album inspiré de ces BDs, je vous rappelle. Un album avec le London Phliharmonic. Un album dont la pochette est techniquement le dernier dessin officiel réalisé par Don Rosa (d’ailleurs sorti de 8 ans de retraite pour le réaliser). Un album qui a été numéro 1 dans ce pays.

 De fait, cette histoire, qui est la plus récente de la sélection, est la synthèse de cette passion. On y voit notre équipe habituelle partir à la recherche d’un trésor de la mythologie finnoise, et se voit, comme instrumenté pour revivre l’épopée originelle, d’artefact en artefact. C’est la plus longue histoire écrite par Don Rosa, mais il y a des raisons à cela : on a affaire à une mythologie connue de très peu (hors de la Finlande), et il faut donc expliquer le mythe originel avant de nous le refaire vivre. Et ça paye. Certaines des planches de cette histoire sont pour sûr les plus belles de l’œuvre de Don Rosa, qui s’acquitte de sa tache avec humour, intelligence, et respect de la légende. Il y a des sorcières, des monstres marins, des héros à l’ancienne et des forgerons, des coups de pied dans le derche, c’est merveilleux. Parmi toutes les histoires que j’ai découvertes )à l’âge adulte (ce qui fait grosso modo deux tomes de l’intégrale), c’est assurément la plus marquante.




2. Le Dissoutou (The universal solvent) – 1995

Et ses suites !
Picsou contre le Chevalier Noir (The Black Knight) – 1998
Le Retour du Chevalier Noir (The Black Knight glorps again) – 2004

Glorp. Cette onomatopée hante mon subconscient. L'idée de départ est simple : A la demande de Picsou, et pour résoudre des problèmes d'extraction minière, Géo crée un dissolvant universel. Il compacte tout à l'état de poussière extra – fine et extra lourde. Tout ? Non, une matière résiste encore et toujours : le diamant (Le Dissoutou étant gardé dans un bocal couvert de poussière de diamants). Personne ne le prenant au sérieux pendant la conférence de presse, Picsou renverse le dissolvant au sol pour prouver comment creuser un puits de mine en 30 secondes, dans un accès de colère. Petit problème : qu'est-ce qui arrêtera le solvant universel ?



Bonjour, c'est moi, Guic', j'ai 12 piges, et suffisament de questionnements métaphysiques pour pas avoir besoin qu'une BD viennent m'en rajouter.
Dans la catégorie « bulshit scientifique », cette histoire se pose là. Mais elle se pose surtout dans la catégorie bullshit bien géré. Je me rappelais très bien de cette histoire (et mieux encore de sa suite mais j'y viens), mais à la relecture, je suis surtout surpris de... la cohérence, à défaut de réalité, de ce qui est raconté.
Pour la suite, Don Rosa crée le seul méchant « récurrent » qu'il créera, son apport personnel à la mythologie : Le Chevalier Noir, aka Lucien Arpène, bandit de haut vol qui aime à faire sa propre pub. Et vider le coffre de Picsou serait le coup de sa carrière. Et celui-ci met la main sur le Dissoutou. Jamais la menace ne paraît plus réelle que dans cette BD, où, dans une armure couverte de solvant, cette parodie de bandit français s'avance inexorablement, non pas pour voler Picsou mais simplement faire disparaître sa fortune dans le néant4.... Cette BD est, je crois, la dernière que j'aie lue en publication magazine (ou presque), et elle a donc droit à une certaine tendresse de ma part. Mais aussi, elle est hilarante et stressante à la fois. Donald ne comprenant pas le langage châtié du chevalier (en V.O., son accent français, en fait) me fait toujours rire.
Le troisième épisode de la série est sympathique, même si un ton en dessous des précédents. Peut-être est-ce aussi que je ne l'ai découvert que plus tardivement. Cela dit, il permet de faire rentrer Lucien Arpène dans la légende, et j'espère vraiment voir un jour un jeune auteur de canards oser le reprendre. Pas forcément pour une suite directe, mais rien que pour le personnage.


1. Les Gardiens de la bibliothèque perdue (The Guardians of the Lost Library) – 1994

Cela ne pouvait être que le numéro 1.
Je crois que c’est la première histoire qui m’a fait mettre un nom sur ces dessins. Une histoire comme les autres mais aussi tellement à part. Une BD d’aventure tout à la fois drôle et didactique.  L'enjeu, cette fois-ci, n’est pas directement monétaire, mais il est, tout à la fois, un problème d’égo et de recherche de la connaissance (qui elle rapportera des sous).
L’idée de départ est simple : vexé de ne pas pouvoir mettre la main sur le manuel des Castors juniors, dont il est convaincu qu’il renferme le secret de trésors mythiques, Picsou décide d’en remontrer à nos canards scouts et part à la recherche de la bibliothèque d’Alexandrie. Tout simplement. Et l’on suit le devenir du savoir contenu dans la bibliothèque au fil des siècles. Et d’avoir droit au cours le plus fun jamais donné sur l’histoire de l’imprimerie et de la conservation du savoir.
Pendant ce temps, Donald regarde la télé, dans un des running gags qui m’aura le plus fait marrer. (Autant que le gag de fond de page des pages 3/4 que je vous laisse le plaisir de découvrir. c'est un des tout meilleurs)
C’est presque l’archétype de l’histoire de canards réussie, et je sais que je ne suis pas le seul à la considérer comme la meilleure. Tout y est millimétré, on y retrouve ce talent pour recréer une Histoire (avec un grand H) où il est difficile de démêler le vrai (le travail de recherche est toujours impressionnant) du faux, de ce qui sert l’histoire( avec un petit h), qu’on parcourt avec avidité. Je me rappelle comme si c’était hier que c’était le numéro 300 qui a publié cette BD pour la première fois. C’était celle que j’attendais avec le plus d’impatience en refeuilletant cette intégrale. Elle tient toujours autant le coup. Foncez mes amis, foncez.



(Un mot tout de même sur le pilote: Ca s'annonce bien, malgré une paire de trucs qui me prennent à rebrousse-poil... Et surtout, vu ce sur quoi ils finissent l'épisode, je pense qu'ils vont dans une direction tout à la fois très encourageante et très dangereuse...Mais en tous cas ils y vont. Mattez cette série, elle est prometteuse.)

Et sinon, non sans avoir partagé avec vous que je remarque à quel point ça ne sert à rien d'indiquer les noms originaux des histoires parce qu'aucune traduction ne s'en écarte trop, je dois bien vous laisser en musique. Et non, vous allez pas y couper (en plus j'aimerais presque ce titre là): 





1 D'ailleurs (j'ai la flemme de faire le calcul), mais sur l'ensemble des trésors qu'il trouve, très peu finisse par rejoindre sa fortune personnelle.

2 De fait, sans trop spoiler pour ceux ne l'ayant pas lu, le rapport à la famille est un des plus fascinants axes du truc. A noter que j'aurais presque tendance à ajouter au lot le bien plus tardif « Une lettre de la maison » (A letter from Home, 2004), qui pourrait en quelque sorte faire office de conclusion... à toutes les histoires de Picsou jamais écrites, mais surtout au dernier sujet laissé en suspens à la fin de la série originale. Pas étonnant que Don Rosa ait pris sa retraite 3 histoires plus tard. (Et seule la toute dernière qu'il ait écrite justifie un peu qu'il ne l'ait pas prise juste après celle-ci), tant la boucle semble bouclée... et c'est à en chialer.

3 Il est connu et revendiqué par ses créateurs que la scène d'ouverture des Aventuriers de l'arche perdue empreinte beaucoup (beaucoup) aux 7 Cités de Cibola de Barks. Il ne me paraît pas idiot d'imaginer que le regain d'intérêt pour les histoire de Picsou à la fin des années 80 ne soit lié au succès de l'archéologue aventurier. A noter aussi que quand Picsou trouve enfin l'Arche d'Alliance et le Graal, leur découverte est bizarrement... passée sous silence, volontairement, pour deux raisons: 1. Indiana Jones les a déjà trouvés, 2. Elles restent des reliques religieuses, dont le traitement dans une BD pour enfants est... délicat).

4 « Oui mais bon, Picsou il possède la moitié des compagnies de la ville, il se refera une fortune en un rien de temps ». Certes, mais chaque pièce, chaque trésor de son coffre vaut à ses yeux plus pour le souvenir de l'aventure ou du travail qui a permit de l'acquérir que sa valeur intrinsèque (ça me paraît utile de le préciser)



mardi 9 avril 2013

19. The Smiths

Cet article est prévu depuis longtemps, mais il a fallu que les événements me poussent au cul. Depuis a création de cette rubrique, je sais que mon top 5 Smiths invitera Thomas, et je ne vous cacherais pas que quand il a décidé de fermer le Golb, ma première (bon, ok, seconde) pensée fut « Mais, et le top 5 des Smiths alors... »
Et quand il l'a rouvert c'est lui-même qui me signifia : «  tu sais, mon top 5 Smiths il est prêt depuis 2 ans, hein ».
Il y a un mois, je lui ai dit que de se tenir prêt parce que j'allais sûrement m'y mettre sous peu, les conditions m'étant favorables. Samedi dernier, il me fit comprendre qu'il attendait toujours. Dimanche midi, j'ai attaqué l'écriture en revenant de déjeuner chez mes parents. C'était mauvais j'ai rien gardé. De ce que j'ai écrit, pas du déjeuner. Ce matin, je m'y suis remis, au boulot. Pire encore.

Mais le monde étant ce qu'il était et mon esprit voyant des symboles partout, ben voilà, j'ai plus trop le choix.

http://www.tasoeur.biz/images/2011/12/24/the_smiths.jpgLes Smiths sont un des groupes que j'écoute aujourd'hui encore le plus régulièrement avec toujours le même plaisir. Le temps ne semble pas avoir de prise, et la lassitude qui serait pourtant légitime (il y a longtemps que l'intégrale de ce qu'ils ont fait est gravée dans mon « Juke Box mental ») ne semble pas prête de s'installer. C'est également un groupe qui surgit dans les moments les plus improbables, et la plupart de mes proches ont déjà entendu parler de la fois où, pendant les soldes, j'ai acheté un costume non soldé, juste parce que « This Charming Man » s'est mis à résonner dans le magasin au moment précis où j'entrais dans la cabine d'essayage. Bon, aussi, le costume m'allait bien et j'avais besoin d'un costume, mais vous saisissez l'idée.
J'ai découvert les Smiths à l'exact moment où il fallait pour que je les aime. C'est à dire quelques mois avant d'être diplômé. Il y a à mes yeux une incroyable logique là-dedans. On dit toujours que le rock est la musique de l'adolescence, ceci cela. Les Smiths, paradoxalement, et sous des dehors de romantisme ado exacerbé, est pour moi le groupe du passage à l'âge adulte. Je serais bien en peine d'expliquer pourquoi. Mais c'est prégnant, ne serait-ce que parce qu'il faut une certaine maturité (et une certaine pratique de la langue anglaise) pour saisir (sinon apprécier) la finesse, la profondeur, l'intelligence du songwriting de Morrissey. Donc oui, on risque de parler paroles, ne serait-ce que parce que ; plus encore que Dylan, je suis intimement convaincu que les Smiths font partie de ces artistes que les obtus pensant que « Les paroles c'est pas important » ne parviendront jamais à apprécier.
E même temps c'est bien fait pour eux.




Still Ill

Parce que c'est la chanson qui m'a, a première, fait réaliser que, plus qu'un bon parolier, Morrissey est un garçon qui a le sens de la formule. A l'image de son idole Oscar Wilde, il est capable, par-delà le simple fait d'être un bon auteur, de lancer parfois un trait de génie. Qui dans beaucoup de cas sera la seule chose que les gens retiendront, utiliseront hors contexte et gâcheront. (Wilde, Morrissey, Desproges, même combat)
I decree today that life is simply taking and not giving
There is a brighter side to life, and I should know bcause I've seen it, but not very often
On pourrait à l'aise citer l'intégralité du texte. Surtout qu'il n'est pas si long.

Mais il convient également d'ajouter un mot sur le musique, tout simplmeent, vu que ce morceau est caractéristique du style « Smiths, » à savoir quelques accords rêches, des arpèges rapides et ce son de la Rickenbacker de Johnny Marr... Et le tout porté par une ligne de basse bondissante, obsédante... Plus Smithien que Still Ill, tu meurs.





What she said

Johnny Marr's Guitar, round 2. Assorti d'une comparaison surprenante.
J'adore ce son. Ce son de guitare tournante, tourbillonnante qui ne s'arrête jamais ou sinon pour laisser place à une respiration qui ne servira qu'à repartir de plus belle. D'instinct, le seul morceau qui me vient immédiatement à l'esprit est … le Bodies des Smashing Pumpkins. Et j'ai une tendresse particulière qui me vient à l'idée que mon adolescence s'est ouverte et fermée sur ce cette même structure obsédante. Et quand bien même ce serait faux, mon goût de la symétrie s'en félicite.
Il va de soi que les paroles hilarantes, et le chant enjoué et envenimé de Morrissey ne ont que des raisons supplémentaires de la présence de cette chanson ici. Raison de plus : c'est peut être la seule chanson dont je préfère presque la version live de « Rank », où le morceau est « medleytisé » avec « Rubber Ring »... et la relance finale de l’assaut des guitares, Morrissey yoddlant la fin de Rubber Ring par dessus est, étonnamment, un de mes passages préférés de l’œuvre entière des Smiths.






I know it's over

C'est ce morceau qui m'a converti. Il se devait donc d'être là. Déjà il est construit selon un crescendo long de 6 minutes, ce qui en fait un morceau comme je les aime. Ensuite, il mêle une véritable tendresse à la limite de l’apitoiement à un sarcasme, un cynisme appliqués au narrateur lui-même qui ne peuvent que m'évoquer... ben moi, un peu. Ensuite, ce morceau a été la Bande Originale d'une période des plus bizarre e mon existence, le sus-cité passage à l'âge adulte, ou plutôt du moment précis où j'ai réalisé qu'il allait arriver sous peu et que j'allais devoir prendre d'une façon ou d'une autre ma vie en main... chose assez flippante, alors quand on sort d'une histoire sentimentale ratée (pas dans le sens nulle, mais plutôt celui d'une opportunité mal négociée et donc ratée à même d'emplir de remords), qui s’enchaîne avec une autre histoire, plutôt à ranger dans la catégorie « mort-née », celle-là... le désespoir et l'espoir mêlés de ce titre, et ses mots durs, mais juste, qui brisent tout autant qu'ils permettent de se focaliser et d'aller de l'avant, on les écoute plus d'une fois, je peux vous le dire.

It's so easy to laugh, it's so easy to hate. It takes strength to be gentle and kind.

Cette phrase est si simple et évidente qu'elle paraît niaise. Pourtant Dieu sait qu'elle est difficile à appliquer. Mais si tu es si malin pour la trouver niaise... Pourquoi es-tu seul ce soir?





There is a light that never goes out

Niaisierie épisode 2 ?
Soyons honnêtes un millième de seconde : le texte de cette chanson est presque à même d'interdire à jamais de dire que les Beatles ont écrit quoique ce soit de niais. Cette chanson est emplie d'un romantisme adolescent exacerbé à l'absurde, tout y est, et se terminer par l'extase de la mort des amants, tout amplifiée à l'extrême... Et c'est bien évidement cela qui rend ce titre imparable. Peu de chansons ont le même talent lorsqu'il s'agit de m'emplir de joie, d'espoir, de courage. Dès que résonne l'intro, mon cœur s'allège, je souris, et je nourris les rêves les plus fous.
Un jour que j'allais boire un verre avec une file qui me plaisait vraiment, un peu stressé par la possible issue négative de la soirée, j'entendis ce titre résonner dans le bar alors qu'on avait à peine posé nos manteaux. Soudain, le cœur léger, le goût du symbole, aussi, m'envahissant, l'issue de la soirée ne faisait plus de doute, no matter what, j’allais me lancer, tenter ma chance. Bien m'en a pris.

(Certes, je me suis fait larguer par téléphone 70 heures plus tard mais quand même.)





Ask

Finissons-en, bouclons la boucle. Si les Smiths ont accompagné ma sortie de l'adolescence, Morrissey est également celui qui a le mieux résumé l'ado que j'ai pu être. Au final, c'est peut-être ça, la fin de l'adolescence : c'est quand on prend conscience qu'on a été un adolescent. Donc, souvent, un imbécile. Et qu'on prend conscience de ce qu'on a pu être de ridicule, d'aveuglement, de bêtise. Qu'on pense aux erreur qu'on a faites, mais également à celles qu'on a pas faites, aux occasions manquées, aux choix qu'on a mal faits, aux filles qu'on a pas osé approcher. Au ridicule petit gars qui se prenait pour Rimbaud, dans ce carnet noir, enfermé dans la chambre à l'étage. A ses parents qui utilisaient cette phrase qui déjà semblait ridicule à l'époque « Tu vas pas rester enfermé, il fait beau dehors ». Et donc, chaque fois que résonne « Shyness is nice, and/Shyness can stop you / From doing all the things in life / You'd like to (...)Spending warm summer days indoors / Writing frightening verse /To a buck-toothed girl in Luxembourg », je me rappelle pourquoi j'aime les Smiths. Parce qu'ils me parlent. A moi, mais aussi au moi passé, et sûrement, au moi futur. Qu'ils sont là pour sermonner le moi lâche, pour encourager le moi hésitant, pour botter le train du moi timide, pour accompagner le moi qui ose. Et que j'entends que ça reste comme ça pour longtemps, jusqu’à ce que je tombe « Asleep » et qu'on ai à me conduire aux « Cemetery gates ».





La Selection de Thomas se trouve ICI.

lundi 7 janvier 2013

18. blur

http://mybandmarket.com/blog/wp-content/uploads/2012/10/blur1.jpgC’est marrant. Dans la première liste de groupes que j’avais établie pour ces tops 5 (du temps où il y avait une liste, et que je m’y tenais, c’est dire si c’était il y a longtemps), Blur apparaissait. Puis s’est vu renvoyé, au profit de je ne sais qui je j’avais oublié, et qui me paraissait surement, à ce moment là, plus « rocknrollement correct ».

Et la situation serait restée la même si je n’avais pas soudain écouté ce groupe en boucle pendant près de deux mois. Les circonstances étaient exceptionnelles, mais le terreau était prêt. Pour moi qui suis un enfant illégitime des 90’s, les moments plus difficiles à passer sont rythmés, dans leur phase ascendante, par la britpop. Parce que quand on y regarde à deux fois, c’est le seul mouvement 90’s qui soit vraiment positif, pêchu, arrogant parfois. Un truc un peu flamboyant, quoi. Et qui m’a pas mal aidé à traverser les moments difficiles de ces derniers temps, me permettant de me « replier » sur ma prime jeunesse sans avoir envie de crever à la fin de chaque morceau. Ou du moins pas de tous. Alors en route.

For Tomorrow (Single Version)

Lui. Elle. Eux. Cette structure de chanson est tellement banale qu’on la retouve sous mille formes à mille époques. Ob-la-di, ob-la-da. Livin’ on a prayer. Le Jerk. Quand Blur s’y attaque, il garde évidement le côté positif de la bluette débutante, mais y ajoute des détails, des images, qui marquent. Et des cuivres. Les cuivres ! Toujours les cuivres qui à mes yeux transposent une chanson en quelque chose de plus. Les cuivres parviennent à me toucher jusqu’aux tréfonds de mon âme, à croire que mes entrailles ont une fréquence de résonnance proche du timbre d’un trombone. C’est pour ça que je mise évidement tout sur la version « Visit to primrose hill extended ». Parce que ces quelques minutes, ajoutées au cœur de la chanson, la font passer pour moi dans une dimension au dessus et que… ben voilà, on appuie sur replay, au final.







Sunday Sunday

Alors que je me remettais à écouter blur, entre autres via le live at Glastonbury 2009, il y avait une chanson, au début du premier rappel, que je ne reconnaissais pas. Ca me frustrait parce qu’elle était vachement bien, sautillante et tout. Après recherche, il s’avérait que c’était « Sunday Sunday », et que c’était un single de la période « Modern Life is Rubbish ». Manque de pot, pour une raison que je ne comprenais pas, il était absent du CD bonus de la réédition.
En fait je n’étais qu’un con, c’était la plage 8 de l’album.
Dire que j’ai failli rater une pépite – définissant accessoirement parfaitement la britpop – parlant d’un de mes trucs préférés – la sieste après le repas de famille du dimanche midi – juste parce que je suis trop fainéant pour checker les listes de titres sur mes disques et que j’aime pas du tout l’instru qui le précède (pas ma faute, il me colle mal à l’aise)






Country house

1. Des cuivres
2. Cette descente de la basse dans l’intro
3. Faire rimer Balzac et Prozac.
4. Le texte. Je sais bien que ça parle des pop star neurasthéniques qui vont s’enterrer à la campagne (dans mon cerveau malsain, cette chanson est une sorte de suite au « Everybody’s talkin’ » de Harry Nillson), mais moi, j’ai surtout vu des collègues aller s’enterrer en banlieue éloignée et se faire tellement chier qu’ils se sentent obligés de te convaincre que leur vie est top, à installer des portes de garage, des chatières, et à cultiver leur jardin.
Au moins, grâce à cette chanson, Damon Albarn me soutient pendant les difficiles moments passés à regarder des photos de radis sur un iPhone 4 pendant la pause café.






You’re so Great

 La meilleure chanson de Pavement est une chanson de blur. Splendeur simplissime, Graham Coxon signe une de ces merveilles dont il est capable, et ferait chialer le plus endurci des cœurs avec sa déclaration parfaite. A une fille ou au délirium tremens, je n’en sais rien, je sais juste que la déclaration elle-même est top.






Tender

J’ai hésité. Longuement. Entre  « Tender » et « No distance left to run ». J’ai même hésité à foutre Bugman histoire de trancher, mais j’aurais rien pu raconter dessus, à part que j’aime beaucoup cette chanson. Mais au final, si Tender est certes plus radiomical, c’est surtout un morceau qui met le doigt sur un point essentiel de l’échec amoureux.
No distance left to run, déjà, n’est pas une chanson de rupture, mais une chanson de constat que la rupture est inévitable.
Tender se situe de l’autre côté de l’évènement. Il est l’appel d’un gars désespéré qui voudrait passer à autre chose. Certains y voient un hymne gospel, mais c’est surtout une tentative d’auto-suggestion, d’auto-conviction, d’auto-encourragement à mi-chemin entre la méthode Coué et le mantra. « Come on, come on get through it / Love’s the greatest thing ». De la difficulté à dissocier l’amour de la chose aimée. Comment peut – on continuer à croire en l’amour quand on est obligé d’abandonner, de délaisser ce que l’on aime?
Et le « I see her every day / It doesn’t help me » de  She’s so high de soudain résonner, en écho du passé, dans l'attente que ce sentiment (re)vienne.






Bonus : Theme from an imaginary film

Je n’ai rien à dire sur ce morceau sinon que, rien que pour me l’avoir fait découvrir, je remercie chaque jour les instigateurs de la réédition / intégrale nommée “21”.
Et tous les groupes qui se voient synthétisés dans cette perle.
Et Noël, dont c'est une parfaite musique d'accompagnement.



dimanche 1 mai 2011

17. Smashing Pumpkins

  
https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgU7a6mlQLXty5_X7in9XOHEXdHLIjlNLYGJ6Z_QMK_aedPapP9BNCAXBKGwaVU5WjivIV_-0Xeq0ozlSDnLMafaSNtfTMBmv4dO1uJmHerDn0OVuSt5XNSjJV5djBrhmLQnTtEkg2OYjk/s400/smashing-pumpkins-01.jpgRespirer un grand coup et se dire que non, ce n'est pas important, parce que de toutes façons cela ne restera pas gravé dans le marbre. Ne pas oublier que de toutes façons, les Pumpkins n'intéressent plus forcément grand monde. Que les gens ne liront pas un article aussi long, aussi. Assumer que ce groupe a tellement d'importance pour toi que, finalement, tu vas peut-être te livrer un peu trop dans ce ridicule top.
Mais cela n'est pas grave. Ton top sera peut-être différent demain, seul toi le sais, cet article ne changera rien dans ta vie. Aucun de tes articles précédents n'a jamais rien changé à ton existence, que pourrait changer celui-ci?

Envisager de fermer les commentaires, histoire de pouvoir révéler mes cicatrices et la noirceur de mes rêves dans le silence, noircir la page blanche sans que quelqu’un vienne, comme à l’habitude, pinailler sur un détail ou lancer un fabuleux hors sujet. Mais s’obstiner à les rouvrir, en toute connaissance de cause, en sachant que c’est ce genre d’article à la limite du trop personnel qui fait que tu écris.

Seulement te préparer et espérer. Te préparer à répondre "Je vous emmerde, c'est mon groupe préféré, si j'explose pas les quotas sur celui-ci sur qui je vais le faire?!" à ceux qui vont te reprocher de mettre plus de 5 titres dans ton top 5. Espérer que Xavier, ton comparse sur ce coup là va choisir des titres un peu différents des tiens, parce que même si tu te limitais à 20, tu trouverais qu'il en manque.

C'est parti.

Today

J'ai longtemps été un énoooorme loser avec les filles. Ce n'est un scoop pour personne, et de toutes façons on appelle ça l'adolescence. Un jour pas fait comme un autre, j'avais échangé, lors d’un samedi après-midi, un baiser avec cette fille, qui me plaisait vraiment. Pour la première fois sûrement s'ouvrait à moi la perspective d'une histoire avec une fille qui me plaisait vraiment, pas quelques semaines de relation piteuse avec une fille dont la seule qualité était de bien vouloir de moi. J'étais jeune, disons que j'avais quoi, 16 ou 17 ans. J'avais acheté peu avant "Siamese Dream", en l'occurrence le premier album de mon groupe préféré que j'aie possédé "en vrai", c'est-à-dire pas gravé ni copié sur cassette (cette sorte de piratage 1.0).
En cette fin d'après-midi là, lançant cet album qui me décevait quand même pas mal sur la platine, au hasard du sélecteur 3 CD de ma première mini-chaîne, je me posais sur mon lit en repensant à ces instants délicieux passés en sa compagnie. Puis, d'un coup (tous les fans des Pumpkins savent à quoi je vais en venir): "Today is the greatest day I've ever known, can't live for tomorrow, tomorrow's much too long".
Cet arpège délicat d'intro, cette explosion, et, à ne surtout pas négliger, ce solo heureux (rareté!) qui explose aux 2/3 du morceau…
Autant l'avouer, même aujourd'hui, à chaque début d'histoire sentimentale, je m'écoute ce morceau en rêvassant. Même si, depuis, j'ai appris qu'en fait il parlait de suicide. Mais à moi, il ne m'en parlera jamais.



(Et accessoirement, le hasard fait que cet album qui me déplaisait à l’époque est certainement celui que j’écoute le plus souvent à l’heure actuelle. Sans lien avec le paragraphe précédent, juste que j’ai redécouvert à quel point il était bien)

Tonight, tonight

Après today, tonight. Voilà ce que j'appelle faire preuve d'une belle originalité. Mais bon. Le fait est que si j'ai commencé à adorer les Pumpkins, moi qui à l'époque écoutait Slipknot, ce fut via le biais de "Bullet with Butterflies wings". Et si ce titre reste une grande chanson, c'est cependant à "tonight, tonight" que je dois d'être finalement passé à autre chose que les Pumpkins derrière. Car il est des choses qu'on ne peut nier: en l'état, j'aurais tout à fait pu ne jamais m'intéresser à la musique. C'était même l'hypothèse la plus probable venant de moi qui me passionnais pour un truc différent tous les six mois. J'aurais très bien pu me passionner pour ce groupe, puis en rester là, ne pas chercher à creuser (ce qui, je dois l'admettre, aurait eu d'importe conséquences sur le reste de mon existence).
Mais si Tonight, tonight est certainement LE morceau le plus important que j'aie rencontré dans mon existence, c'est surtout à cause de sa richesse. Les cavalcades de batterie, les arrangements de cordes, les arpèges sur les couplets et accords sur le refrain, le romantisme échevelé et un peu niais, les aphorismes à deux sous qui, bien accompagnés, donnent un fol espoir en l'avenir comme en l'instant présent (ici: "The impossible is possible tonight"), ce mélange perturbant de nostalgie et d'espoir au sein du même texte, ce texte, bordel, ce texte si mystérieux que plus de dix ans (mon Dieu, déjà!) après avoir découvert cette chanson, je ne sais toujours pas vraiment s'il parle d'une histoire sentimentale nouvelle, d'une rupture ou d'un suicide (encore!)! Cette chanson dont je ne supporte plus la production à l'heure actuelle mais qui m'a tant fait rêver, et surtout sourire, moi le râleur, moi l'introverti déprimé en permanence, le complexé fini… Un sourire béat face aux portes de l'avenir, ces portes qui allaient s'ouvrir, à peine un an plus tard,sur Radiohead, les Beatles puis tant d'autres, tous ces sentiments et ces instants volés à des disques  qui tracent désormais le parcours de ces 10 dernières années le long des murs de mon salon. Une chanson, une seule, peut changer votre vie. Moi, c'est celle-ci, et c'est pourquoi je serais à jamais redevable à Billy Corgan. Merci.




Bodies

A l'heure actuelle encore, ce morceau reste un mystère pour moi – ce qui ne m'empêche pas, bien évidement, de l'adorer. Il est fabuleusement heavy, pesant, agressif mais sans être violent. C'est peut-être le meilleur morceau écrit par le groupe. Il y a tant dans ce titre… La voix, plus acérée que jamais, aigrelette, pas toujours facile à digérer. La batterie, évidement, toujours chez les Pumpkins, toute syncopée, ces parties de batteries qui ne ressemblent qu'à un enchaînement de breaks, truc parfois lassant, mais souvent proprement fascinant. Les guitares. Ces guitares fabuleuses, qui tournent, tournent, tournent, une accord tellement répété qu'il en finit par tourner, au sein d'un enchainement d'accords qui donne aussi cette impression de rotative – la rotative, la machine, hein, ce côté ultra heavy limite indus – qui au final dessine une sorte de fractale sonore, toujours au bord de l'éclatement, on ne sait jamais trop ce qu'on voit réellement, ce qui fait que chaque écoute est différente de la précédente. C'est le premier morceau que j'ai cherché à analyser, disséquer, de toute mon existence, car c'était pour moi un grand mystère: comment peut techniquement réaliser un truc qui sonne comme ça? Je vous parle là d'une époque aujourd'hui lointaine, où il ne me serait jamais venu à l'esprit de prendre en compte des trucs tels que la production du morceau- concept qui m'échappait alors totalement, enfin, disons plus encore qu'aujourd'hui.
Accessoirement, ce genre de morceau offre un texte fabuleux pour l'ado que j'étais, à savoir du genre à vénérer les Fleurs du Mal et capable d'en retenir certains passages par cœur  mais les lisant de façon totalement premier degré: ouaouh, c'est romantique, déprimant et glauque, trop cool. Alors "All my blisters now revealed in the darkness of my dreams", ou le tout simple refrain "Love is Suicide", s'avérait être le parfait réceptacle de mes névroses.
Et ce morceau reste le premier jalon que j'aie posé de ma "théorie de l'énergie musicale", cette idée selon laquelle, des fois, j'ai l'impression que toute l'énergie et l'électricité déployées dans un morceau se fraye un chemin depuis mes oreilles vers mes organes vitaux, pour leur redonner une force, une pêche qui en était absentes 3 minutes plus tôt: le cœur s'emplit d'espoir et de joie, les jambes marchent plus vite… Par contre le cerveau est totalement déconnecté, entièrement focalisé sur la chanson diffusée.





Sinon, je réalise que le hasard m'a fait placer dans ce top… Les deux plages 2 de Mellon Collie. J'ai toujours aimé ce chiffre, certes, mais c'est pas fait exprès.


To Sheila

Il me parait fondamentalement saugrenu que d'extraire une chanson d'Adore. Pourtant il fallait bien le faire apparaître ici d'une façon ou d'une autre, et jouer la carte de l'album "entier" était de la lâcheté pure et simple. Puis j'ai pensé à garder "Pug", ou "For Martha", ou "Shame".
Puis je me suis rappelé. On vient de rentrer chez moi, elle m'a accompagné faire les disquaires alors qu'elle ne partage pas vraiment la même passion pour la musique que moi. Je viens d'acheter Adore en vinyle, même si je l'ai déjà en CD.
Occasionnellement, par-devers moi, je déplore un peu (pas beaucoup, hein, juste un peu), le fait de n'arriver à lui associer aucune chanson. Je l'aime, hein, là n'est pas le problème, mais moi qui ai tendance à associer en permanence des chansons aux gens, et plus particulièrement aux filles que j'ai fréquenté – ou pas, celles qui m'ont éconduit ont elle aussi leur chanson attitrée – histoire de ne plus jamais l'écouter derrière, ça me rend un brin triste que de ne pas avoir de chanson qui me fasse penser à elle, qui fasse surgir son image dès que j'en entend trois notes.
Nous rentrons chez moi, et, évidement, comme à chaque retour de disquaire, je m'assois par terre, juste à côté de la platine, et commence à m'échiner pour ouvrir ce putain de blister. D'ailleurs, sans faire exprès, je corne le coin supérieur droit de la pochette. Elle est assise dans le canapé avec le thé qu'elle vient de préparer pour nous deux quand j'arrive enfin à placer le diamant sur le disque enfin libéré.
Je la rejoins sur le canapé, le morceau s'écoule… Ava Adore commence à peine, quand:
"- Tu veux bien la remettre s'il te plait?
- Non, mais elle est vachement bien celle-là aussi, tu vas voir.
- Oui, sûrement, mais celle d'avant, je sais pas, elle m'apaise… Quand je l'entends, d'un coup, je me sens bien, je sais pas, c'est bizarre."
Et alors que je me levais pour replacer le saphir au début du sillon, je réalisai que la réponse était là, sous mes yeux mais pas mes oreilles. La chanson d'ouverture de mon album préféré de tous les temps, celui que j'ai tant écouté par le passé au point de ne plus avoir besoin de le faire, tant je le connais par cœur, tant j'ai l'impression de l'avoir entièrement digéré: "je l'aime, mais ne l'écoute jamais", peu de disques répondent aussi bien à cette expression à mes yeux. C'était elle la chanson associée. C'était… la première chanson que je lui aie fait écouter à partir du moment ou nous avons commencé à nous fréquenter.
Et après des années à faire découvrir cet album à tous les gens que je connais pour en récolter toujours le même "c'est super beau mais vachement déprimant" – quand j'ai la chance d'éviter une remarque sur la voix nasillarde du chanteur… Cette simple demande, ce "tu veux bien la remettre s'il te plaît?" résonne encore à mes oreilles comme la plus tendre des déclarations.





Remarque:  En l'état actuel des choses, elle est la seule personne a jamais s'être ainsi  retrouvée associée à jamais à un titre des Pumpkins.

I of the Mourning

Je n'ai jamais vraiment aimé "Machina". Il y a certainement dedans quelque chose de trop adulte, de trop abouti pour avoir saisi l'ado en moi qui a découvert cet album. Mais ce fut durant longtemps le dernier album qu'a publié le groupe, et donc il m'a fallu faire avec.  Et pire encore… Nous sommes en Avril 2001 je crois, quelque chose comme ça. Alors que j'écoute la radio, j'apprends que ma station fétiche de l'époque diffuse, pendant les vacances, le soir, quelques lives des groupes passés à Paris ces derniers temps. C'est ainsi que je vais enregistrer puis faire tourner en boucle jusqu'à plus soif le dernier live français des Smashing Pumpkins, à Bercy le 19 Octobre 2000. Bien entendu, c'est un concert un peu particulier pour une tournée un peu particulière. Corgan a toujours eu une tendresse spéciale pour son public français, et sur cette tournée, promouvant le dernier effort du groupe mais également tournée d'adieu (le groupe avait déjà annoncé sa séparation à la fin de la tournée au moment de cette date française), la setlist oscille entre best of du passé et défense du dernier album.
En dépit des efforts déployés sur ce live pour soutenir les derniers morceaux (et pas mal de Machina II, aussi), certains ne me convaincront jamais vraiment (Glass & the Ghost Children, par exemple).
Chaque fois que je réécoute ce live dans mon petit walkman Panasonic à détection de blancs entre les morceaux – ce qui est parfaitement vain sur un live capté à la radio - j'ai tendance à zapper les morceaux de Machina… Sauf que, au moment du rappel, le groupe joue I of the Mourning
, entre Porcelina of the vast oceans et la présentation des membres du groupe (juste avant de clore sur 1979). Et la fin de ce morceau est tout simplement dantesque. "Radio, Radio, Radio, Radio"…. La folie soudaine qui s'empare de ce morceau, qui devient soudain tout en tensions – explosions, Corgan susurrant dans son micro pour mieux se remettre à hurler à la prochaine détonation de la caisse claire, ces soli que je n'ai, bizarrement, rencontrés que chez ce groupe (bon, oui, chez Zwan aussi), il y a là-dedans une charge émotionnelle fascinante pour moi, qui, à ce moment là, sait que je ne verrais jamais cela sur scène, moi qui réécoute ce live comme le dernier message que me laisse un ami disparu, qui m'a accompagné durant les moments les plus difficiles comme les plus réjouissants, et qui sera présenté, ce soir là, juste après ce morceau, comme "Guillaume Patrick Corgan".




(Du coup je vous colle une version live)


On ne saurait cependant, en rester là. Ajoutons une face B.

Believe

C'est une face B de… Mellon Collie, évidement (face B de 1979, je crois). Et c'est James Iha qui chante. C'est, chronologiquement, le dernier morceau qui ait trouvé sa place dans ce top 5 (qui va être bien plus que 5 au final…), en ce sens que c'est le dernier dont j'ai réalisé la valeur. Au départ, je n'étais pas fan des titres chantés par Iha (ils ne sont pas nombreux, pourtant: Take Me Down, Farewell & Goodnight doivent être les deux seules sur l'ensemble des albums où il ne se limite pas aux chœurs…)
J'étais stagiaire, à Lyon, je vivais en colloc' avec une hippie qui me forçait à manger bio et à utiliser des détergents qui n'attaquaient pas l'environnement… Et de par ma condition de stagiaire présent pour quelques mois, je tenais à ce que ma vie tienne dans un sac à dos, histoire de pas avoir de problème quand serait venu le moment de faire mes valises. Evidemment, avec mon indemnité de stage, je ne faisais pas de folies discomanes – surtout qu'à l'époque, je n'avais pas rencontré le disquaire lyonnais qui serait la némésis de mon portefeuille – et m'était replongé aussi ardemment que par défaut dans les quelques disques de ma jeunesse qui étaient restés chez mes parents, et que j'avais descendu. Parmi lesquels, ce disque gravé par un pote de lycée qui avait acheté le Greatest Hits des Pumpkins juste pour le CD bonus, celui avec les inédits, le "Judas 0". Comme à cette époque (celle de la sortie de Judas 0) Internet  n'était pour moi qu'un concept vaguement familier, mais aucunement une application de tous les jours, l'accès à l'info concernant la discographie du groupe m'était assez difficile. Bref, tout ça pour dire que la phrase d'ouverture de ce paragraphe, j'aurais bien été en peine de l'écrire à l'époque, et que donc, Judas 0, j'avais pas la moindre idée de l'origine des morceaux qu'on y trouvait.
C'est une conversation, des années et des années plus tard – donc à l'époque ou j'étais à Lyon -  avec l'ami Thomas qui m'a fait découvrir l'origine de ces morceaux. Le soir même, je remettais ce disque dans la platine pour la première fois depuis des années. Et là, d'un coup, je me suis pris cette chanson en pleine gueule. Les petites montées de violon, les arpèges, la délicatesse de la voix de James Iha, et ces paroles, aussi tendres que niaises… Cette chanson est fabuleuse, non seulement parce qu'elle est bien, mais aussi – surtout – parce que, par sa vision "mignonne" de l'amour, elle est un cas à part, presque unique, dans l'œuvre des Pumpkins.





Et le truc un peu à part : Honestly, de Zwan

Je réalise que je n’ai pas encore vraiment évoqué la voix de Billy Corgan de front. C’est une voix qu’on dit particulière quand on est poli, assez atroce et nasillarde quand on est sincère. Mais c’est aussi ce qui fait la pleine particularité de ce groupe, et fait partie intégrante de mon amour et de mon goût pour cette œuvre.
C’est pourquoi, dans le flottement qui a suivi la séparation du groupe et précédé sa reformation, j’ai eu l’occasion que, plus encore que la musique des Pumpkins, ce fut la voix de Corgan qui m’a manqué. Cette voix qui était devenue familière, dont je réécoutais ce qu’elle m’avait déjà dit mille fois, mais dont, finalement, je n’espérais que de nouveaux mots, de nouvelles mélodies.
Alors… alors la première fois que j’ai entendu ce titre, qui était le premier single de Zwan, imaginez l’émotion pour moi. Je passerai sur le fait que cet album est mécompris, qu’il a souffert de n’être pas empli de souffrance, et conseillerai juste d’y jeter une oreille neuve, de profiter de ce versant positif de la musique de Corgan. Depuis, le « miracle » des retrouvailles s’est reproduit plusieurs fois, et à chaque fois, réentendre cette voix, c’est quelque chose de tellement émouvant que ça me prive un peu de mon sens du jugement (quand j’ai écooutéé Zeitgeist, je pleurais presque de joie et d’émotion à la plage 5. Bon, les choses se gâtent à partir de la 7, malheureusement.)
Mais bon. Aucune de ces retrouvailles n’aura jamais la puissance de celles-ci, de celles faite via ce morceau, sa mélodie enjouée, son côté bluette et son solo – oui – queenien que j’adore 



(En fait ils passaient leur vie chez Letterman)

Le pire, arrivé ici à la sixième page de texte, c'est que je garde l'impression de ne pas avoir su faire passer le tiers des raisons qui font mon attachement à ce groupe. Mais disons que j'espère au moins vous en avoir donné une bonne idée..


Allez, finissons de parler du groupe qui a changé ma vie avec quelques titres en plus que je suis obligé d’évoquer :

Le top 5 alternatif : même logique, mais en évitant les morceaux précédents.

Cherub Rock
Bullet with Butterflies Wings
By Starlight (pour me faire pardoner d’avoir si longtemps negligee les 4 derniers titres de Mellon Collie)
Blank Page (de préférence une version live circa 1998 pour le solo de guitare fabuleux qu’ils collent sur ce morceau)
The Everlasting Gaze (pour le clip. Je ne détaille pas plus, on risquerai de me prêter des intentions qui ne sont pas les miennes)
Bonus : Tarentula – le morceau qui a scellé les retrouvailles.

Enfin,les 3 morceaux que je ne supporte pas, mais alors pas du tout :
X.Y.U. sur Mellon Collie
A night like this, la reprise – massacre de Cure en face B de Bullet
United States sur Zeitgeist (aka X.Y.U. en plus mauvais)


Allez, maintenant, pour moi, retour à la vie normale (donc à l'écoute de Pisces Iscariot, voir si j'aurais pas pu en sauver un morceau pour ces tops), pour vous, l'heure d'aller voir la sélection de Xavier sur le sujet!